A la une du blog (Art)

Belleville

Posté le 26 Septembre 2012
Tags : Paris, Belleville, ville, quartier chinois



Si vous faisiez un tour à Belleville ?
J'adore ce quartier cosmopolite que j'ai habité plusieurs années.
Je vous y recommande les restaurants et les magasins asiatiques bien entendu,
mais aussi la vue imprenable sur la capitale,
qu'on a depuis les jardins de Belleville.
(et vous pourrez boire un verre à la terrasse du café "la mer à boire")

Bonne promenade
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Citations,

Posté le 31 Janvier 2013
Tags : Citations, humour, philosophie, Woody Allen, Oscar Wilde, Martin Luther King



Comme un ami recherchait hier une citation pour orner le titre d'un éditorial, à propos d'un sujet pour lequel nous partageons le même intérêt, je me suis replongé avec délice dans ces petites pierreries si évidentes - voire percutantes - qu'on se demande pourquoi un autre, aimé des dieux, a eu l'heur de les pondre pour la postérité, et pas nous...

Je vous en livre quelques unes, et vous oriente par la même occasion sur les pages où vous pourrez savourer, disséquer, contester, apprendre par cœur (pour les ressortir dans les soirées parisiennes) les pensées de ces génies, humoristes, hommes d’État et autres humains qui ont marqué l'histoire.

Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon grand-père qui me l'a vendue sur son lit de mort.
Woody Allen

Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder.
Oscar Wilde

A la fin, nous nous souviendrons non pas des paroles de nos ennemis, mais du silence de nos amis.
Martin Luther King

Le travail, c'est la santé... Mais à quoi sert alors la médecine du travail ?
Pierre Dac

J'ai passé une excellente soirée... mais ça n'était pas celle-ci.
Groucho Marx

Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres,
elle ne pourra pas sauver la minorité des riches.
JFK

Quand un vrai génie paraît dans le monde, on le distingue à cette marque :
tous les imbéciles se liguent contre lui.
Jonathan Swift

Là où il n’y a le choix qu’entre lâcheté et violence, je conseillerai la violence.
Gandhi

Tant que l'homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté.
Woody Allen



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Grand maître... du clair - obscur

Posté le 19 Avril 2013
Tags : cinéma, Wong Kar Wai, arts martiaux



Si les arts martiaux et la Chine vous emballent, ne boudez pas votre plaisir.

Les critiques (Télérama ou Rue89) du dernier film de Wong Kar Wai, fruit de plusieurs années de tournage d’un projet né en 2001 ne sont pas exemptes de pertinence. On peut certes reprocher au grand maître un scénario complexe, pourquoi pas décousu et des scènes difficiles à appréhender : ainsi de la main maculée de sang dans la scène du train, du meurtre du vieux maître ou encore de la symbolique du bouton de manteau. En fait, à peine sorti de salle, on serait tenté de retourner s’assoir devant l’écran pour revoir dans la foulée cette fresque historique somptueuse, qui nous plonge dans la Chine de 1936 à 1954, meurtrie par l’invasion japonaise.

Yip Man, connu pour avoir initié au Kung Fu Bruce Lee (le "petit dragon", fondateur du Jeet Kune Do et décédé en 1973 à l’âge de 33 ans) y est habité par Tony Leung, dont « in the mood for love » et «2046» nous avaient familiarisés avec l’élégante silhouette errant dans les labyrinthes du temps qui passe et de la nostalgie des amours impossibles. Le dandy de 47 ans, qui a certains airs de Barack Obama, s’est transformé en un combattant invincible au fil d’un entraînement qui aura été tout sauf un défilé de majorettes : son coach, propre fils de Yip Man, lui a brisé le bras gauche au cours d’un combat. L’amour impossible, celui des « passantes » de Brassens, est incarné par Zhang Ziyi, déjà sublime dans « 2046 » ou « Le Secret des poignards volants ».

Les imperfections alléguées du film font sa force : les méandres du temps et des sentiments contradictoires, des serments impossibles à tenir, des destins brisés et des idéaux chevaleresques s’y expriment dans des clairs obscurs dignes d’un Rembrandt ou d’un Vermeer, des scènes oniriques, des décors somptueux. La bande originale est à la hauteur des autres œuvres du maître. Seul regret, on n’y voit poindre l’ombre de Bruce Lee, pourtant élève de Yip Man en 1953…
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Vol de nuit...

Posté le 08 Septembre 2013
Tags : GoogleEarth, Vol, Terre



Tout le monde, peu ou prou, peut se targuer de savoir ce qu'est GoogleEarth.

Certains y verront un prolongement diabolique de la surveillance bigbrotheresque généralisée ou encore une préfiguration de la balise GPS qui pisterait le moindre de nos mouvements, comme l'apprend Will Smith à ses dépends dans Ennemi d'Etat.
La réalité, c'est que le jour où des satellites enregistreront en temps réel nos déplacements, les ordinateurs seront probablement déjà capables de lire nos pensées les plus intimes. Ce jour là, on se prendra à regretter l'époque où la NSA espionnait les réseaux sociaux.

Mais revenons à nos moutons, GoogleEarth, c'est surtout une hallucinante reconstitution composite de la surface planétaire, le puzzle de millions d'images satellites juxtaposées qui permet d'explorer virtuellement le monde connu (les zones les plus reculées préservant toutefois leur mystère, sous le voile d'incertitude de la basse résolution).

Les zones habitées, notamment les mégapoles, peuvent être découvertes non seulement en 3D mais StreetView, accessible directement depuis GoogleEarth, permet d'en arpenter inlassablement les avenues et d'aller y reconnaitre l'entrée de sa propre habitation comme de découvrir la ruelle à l'autre bout du monde où se cache un hôtel. On comprend qu'il y a là de quoi occuper nos longues soirées d'hiver.

Mais saviez vous que l'onglet outils de GoogleEarth donne accès à un anecdotique et néanmoins incroyable simulateur de vol ?

La planète, vous qui n'avez ni le temps ni les moyens de la quadriller et encore moins peut être le désir de cramer des tonnes de kérosène pour assouvir vos fantasmes de voyages lointains, la planète, donc, vous la pouvez survoler dans un paysage époustouflant, au moyen des 4 touches qui vingt ans auparavant animaient pacman dans son labyrinthe.

Le luxe, bien sûr, c'est de piloter au joystick. On le réservera au F16, excusez du peu. Personnellement, j'aime à me contenter du petit avion de tourisme qui me rappelle mes sauts en parachute (eh oui, inapte chez les militaires, j'étais allé sauter dans le civil). Si les touches directionnelles suffisent à virer, à s'élever et à descendre dans les trois dimensions du paysage, force est de reconnaitre qu'il faut un petit effort de mémorisation (excellent exercice pour repousser la détérioration intellectuelle) pour tirer parti de la quintessence de l'outil.

Vous retrouverez le mode d'emploi complet : là !

vous pouvez aussi vous contenter des recherches que j'ai effectuées pour vous :

Ouvrir/quitter le simulateur......................................Ctrl + Alt + A(ou Echap)
Augmenter la poussée............................................Page précédente
Réduire la poussée.................................................Page suivante
Aileron gauche......................................................Touche Gauche
Aileron droit..........................................................Touche Droite
Gouvernail de profondeur - Pousser...........................Touche Haut
Gouvernail de profondeur - Tirer ..............................Touche Bas
Gouvernail de direction - Gauche .............................Maj + Gauche
Gouvernail de direction - Droite ...............................Maj + Droite
Augmenter l'angle des volets (Flaps).........................F
Réduire l'angle des volets........................................Maj + F
Centrer l'aileron et le gouvernail de direction...............5
Sortir/rentrer le train d'atterrissage...........................G
Frein de la roue gauche..........................................., (virgule)
Frein de la roue droite ............................................. (point)
Mise en pause de la simulation..................................Espace
Activer/désactiver le collimateur...............................H
Point de vue du pilote.............................................Touches de direction + Ctrl

Pour activer la souris en guise de joystick (du pauvre),
cliquez avec le bouton gauche, le pointeur prend une forme de croix.


Bon vol !

PS : pensez à m'envoyer des photos

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Une lumière de plus brille au firmament

Posté le 06 Décembre 2013
Tags : Mandela, Etty Hillesum, Gandy, Martin Luther King, liberté, courage



Madiba s'est éteint, paisiblement, hier.

La lumière que son existence à allumée ne s’éteint pas : elle rejoint très haut, au firmament, celle de Gandhi, de Martin Luther King et d'Etty Hillesum, ces êtres illuminés de l'intérieur, qui n'ont pas accepté de fléchir devant l'injustice et qui l'ont payé de leur liberté ou de leur vie.

Enfermés dans des camps ou derrière les barreaux d'une prison, dépouillés de leurs droits, intimidés, menacés de mort, ils sont de ceux qui n'ont pas abdiqué leur dignité et n'ont pas choisi de répondre à la haine par la haine.

Prisonniers, opprimés, tenus éloignés des leurs, ils n'ont jamais cessés d'être libres, et cette liberté qu'ils ont clamée, et surtout, personnifiée, c'est à l'humanité entière qu'ils l'ont offerte.
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Exilé volontaire

Posté le 25 Octobre 2014
Tags : Exil, Léonard Cohen, judaïsme, résilience, départ, renouveau



Les exilés m'ont toujours attiré, ces gens qui ne peuvent revendiquer le paysage qui les entoure

Léonard Cohen





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Destins brisés

Posté le 10 Mars 2015
Tags : Marcel Cerdan, Daniel Balavoine, Florence Arthaud, Camille Muffat, Alexis Vastine, disparition



Ils ont connu le destin de l'étincelle et leur fulgurance nous a illuminés.

En ce jour triste, je repense à mon amie Zaza : Élisabeth de Chateauvieux, avec qui nous avions réalisé, au dessus de l'Atlantique, l'évacuation mémorable de quatre grands brûlés depuis Cayenne en 1990 - une mission qui préfigurait la réanimation volante dans laquelle les blessés graves de l'armée française sont aujourd'hui rapatriés - et dont le lumineux sourire disparut peu après dans une autre tragique catastrophe aérienne.
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8 jours à Tanger

Posté le 10 Mai 2015
Tags : Tanger, Maroc, nostalgie, partir, Méditerranée, Cinéma, Ombre et lumière



Tanger la blanche, Tanger la bleue.

Aucun de ces qualificatifs, plus appropriés à la belle Alger pour le premier, au frétillant Sidi Bou Saïd pour le second, ne me convient exactement. Architecture du sud : murs éclatants, blanchis à la chaux, qui contrastent avec les eaux profondément bleues quand un ciel sans nuages dispense la lumière éblouissante qui rend ces pays si aimables. Mais si Tanger peut être bleue, elle peut être aussi jaune, et verte, et surtout rouge, lorsque certaines murailles se couvrent d’un ocre qui jouxte à l'écarlate. Contempler Tanger, c'est admirer un kaléidoscope architectural, une mosaïque de polygones juxtaposés qui, de l'arc de sa baie, montent à l'assaut des collines sous le ciel outremer.

Tanger qui séduisit Delacroix et Matisse, Tanger emplie de joie, des couleurs chaudes et bienveillantes de cette partie méridionale de la méditerranée, une Tanger optimiste, euphorisante et frémissante, renaissant de ses cendres.

Mais, tournée vers un avenir résolument retentissant du grondement des bulldozers et des camions énormes, dans les travaux pharaoniques de réaménagement du port, c'est aussi la ville qui ne parvient à décider d'un futur incertain, inquiète de ses amours passées et des oracles d'une époque moderne coincée entre blanchiment d'argent, fortunes colossales, luttes de clans et tumulte mondialisé.

Ambigüité, c’est visiblement ce qui caractérise cette ville plongée dans l'éternel regret de son passé splendide, celui de la Tanger internationale de l'entre-deux-guerres, qui attirait des quatre coins de la terre, au bord d'une baie considérée naguère comme l’une des plus belles du monde, écrivains, commerçants, diplomates, banquiers et autres aventuriers.

Ambigüité face à Gibraltar, des eaux mêlées de l’océan et de mare nostrum, ambigüité des bleus du ciel et de la mer, entre bienveillance vis à vis du voyageur et hostilité envers le colon, entre argent facile et assoupissement, entre nostalgie des époques révolues et avenir que lui rêve son roi.

"Ici finit l'Afrique, ici commence l'Europe", me disait Karim, un casamançais, de ces déracinés que décrit Laurent Gaudé dans son roman "Eldorado". Comme Samarcande évoque immanquablement la soie, Tanger, comme Djibouti, évoque le passage et la trace discrète des écrivains voyageurs. Ali, mon guide volubile, fait du moutonnement des vagues sous l'influence du Cherghi, ce vent d'orient, la marque incomparable de l'atmosphère de Tanger.

Ce sont des films qui m'ont fait rêver de Tanger, et y venir : tous jouent de l'ambivalence ; féérie, certes, celle des couleurs et des ambiances lumineuses, de cet inconsolable désir d'évasion qui pousse les humains à découvrir des terres inconnues, mais aussi inquiétude, disparition et renouveau, perte et transformation : écrivain camé du "festin nu" qui doit, pour échapper à l'interzone, sacrifier ce à quoi il tient le plus, amants désunis de "un thé au Sahara", dont l'une devra perdre l'autre pour se découvrir elle-même, vampires assagis de "Only lovers left alone", que Tanger contraindra à donner libre cours à leur insatiable soif.
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Pour partager

Posté le 26 Avril 2016
Tags : Disparition, Martin Gray, Treblinka



Il y a 40 ans, à La Rochelle, où je vivais à l'époque,
Martin gray m'avait dédicacé son livre "Au nom de tous les miens".
Il avait écrit simplement : "à Georges, pour partager".

Sa disparition à l'âge de 93 ans me touche profondément.
De lui, j'ai retenu cette phrase de son père :
"la première chance, Martin, ne laisse jamais passer la première chance",
qui avait fait de lui un des très rares survivants de Treblinka,
et la nécessité, comme Léon ou le petit prince,
de toujours prendre le temps de s'occuper d'une plante ou d'une fleur...
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Une autre page de musique

Posté le 01 Juin 2016
Tags : Art, musique, Maxime Le Forestier


Poupée de cire, poupée de son, Serge Gainsbourg, pour France Gall qui gagne le grand prix de l'Eurovision en 1965.

L'oiseau et l'enfant Marie Myriam remporte le concours en 1977.

La poupée de Maxime Le Forestier (1975).

Puerto Rico Vaya con dios 1988


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AI

Posté le 03 Octobre 2016
Tags : Alan Turing, intelligence artificielle, homosexualité, anticipation, SF



L’émouvant film de Steven Spielberg (à côté de celle du jeune héros, enfant robot conçu pour aimer, l’interprétation stupéfiante de Jude Law en gigolo cybernétique) est repassé récemment à la télévision; les derniers grands rassemblements informatiques s’enthousiasment pour la réalité virtuelle, les voitures commencent à conduire toutes seules… Alors qu’il se réchauffe dangereusement, qu’éléphants, gorilles et baleines s’éteignent peu à peu, le monde est en train de basculer dans le numérique, le GPS et la WIFI ubiquitaires, l’impression 3D, les premières prothèses électroniques intelligentes.

Mais qui se souvient d’Alan Mathison Turing, Icare brisé par l’ostracisme d’une société d’après-guerre obsédée par la même chasse aux sorcières qui détruisit un autre homosexuel de génie, Oscar Wilde ? Il est d’ailleurs troublant que Turing, né avec le naufrage du Titanic (1912), ait croqué sa pomme empoisonnée au cyanure juste un siècle (1954) après la naissance de Wilde (1854).

David Lagercrantz, le journaliste qui a donné avec maestria un 4ème volet à la série de Stieg Larsson, prématurément disparu avant la publication du tome 3 de Millenium, a publié en 2009 un roman passionnant aux allures de thriller sur le suicide de Turing. Actes Sud vient de l’éditer en français et je vous le recommande.

Un peu à la façon de « l’amour au temps du choléra » de notre regretté Gabo, cette biographie romancée commence par une odeur d’amande amère, faisant de cette enquête imaginaire, une autre « Chronique d’une mort annoncée ».

On y redécouvre Le Turing de « Imitation Game », à la limite du syndrome d’Asperger, doublement contraint à la clandestinité par la condamnation infamante de son homosexualité et l’impossibilité de se réclamer de ce qui lui aurait valu la gloire s’il ne s’était agi de la seconde guerre mondiale : avoir brisé le code de la machine Enigma par laquelle les nazis transmettaient tous leurs messages secrets.

Turing jeta les bases de l’intelligence artificielle qui nous préoccupe tant aujourd’hui. En témoignent les autres films d’anticipation : « Her », « Automata », « Ex machina »… qui, plus subtilement que « Terminator », posent clairement le problème : si l’homme peut inventer une machine qui pense, où s’arrêtera-t-elle ?
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Aikido

Posté le 01 Juillet 2015
Tags : Aïkido, Japon, Arts martiaux, zen



Aï signifie harmonie, union, rencontre. Ki, dont l'idéogramme (un épis de riz qui se transforme en fumée dans l'âtre) symbolise la transformation de la matière en énergie (e = mc² !), signifie énergie vitale, celle qui réside dans le ventre (hara, l'océan d'énergie), le centre de l'être (seïka tanden) et qui met l'homme en relation avec le cosmos. Do, en japonais, signifie voie, chemin (C'est le Tao de Lao Tseu, qui vécu en chine il y a 2500 ans).

AIKIDO peut donc se traduire par "la voie de l'harmonie" ou "la voie de l'union des énergies". Cet art martial fut fondé au Japon par maitre Morihei Ueshiba, disparu en 1969.

L'Aïkido n'est pas un sport de combat, mais un art martial. La différence n'est pas seulement d'ordre sémantique. Les arts martiaux sont issus des techniques de combat de la féodalité japonaise. A l'origine, il s'agissait donc plus de techniques (JUTSU) de survie que de pratique sportive. L'efficacité était le but recherché. Lorsque la guerre n'a plus été une nécessité quotidienne, la pratique spirituelle (esthétique, concentration, recherche de la perfection) s'est transmise et les techniques de combat sont devenues un moyen de réalisation intérieure parmi d'autres : ju-do (voie de la souplesse) issu du ju-jutsu, aïki-do, apparenté à l'aïki-jutsu où l'on porte les coups (atemi).

On est frappé lorsqu'on assiste à une démonstration d'AÏKIDO par la fluidité des mouvements, sublimés par le port du Hakama, vêtement traditionnel au Japon. Plus qu'une joute, on a le sentiment de contempler une chorégraphie. L'aïkido repose sur une pratique (waza) qui réunit et harmonise l'énergie de taï (le corps) et shin (l'esprit). On retrouve le concept taoïste de ying et yang qui exprime l'absence d'opposition (non dualité) mais la complémentarité entre lumière et obscurité, mâle et femelle, matière et énergie, plein et vide. En aïkido, chaque technique présente deux formes: positif (omote) et négatif (ura), direct (irimi) et indirect (tenkan). La réaction s'adapte à l'attaque comme un liquide à son contenant...

Dans son livre "le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc", parlant du Kyudo, Herrigel dit que l'art ancien du tir à l'arc ne consiste nullement à poursuivre un résultat extérieur avec un arc et des flèches, mais uniquement à réaliser quelque chose en soi-même. D'ailleurs, le lieu où on enseigne les arts martiaux porte de longue date le nom de Dojo, c'est à dire, lieu de l'éveil. L'aïkido a su préserver cette dimension spirituelle. Surtout, c'est l'un des seuls arts martiaux dont toute idée de compétition est exclue. Le dessein de l'aïkidoka n'est pas de neutraliser l'adversaire, mais de le dissuader en lui démontrant la vanité de son agressivité. Beaucoup de techniques d'Aïkido consistent à désarmer l'adversaire, qui est d'ailleurs davantage un partenaire (UKE). C'est une des raison pour lesquelles c'est l'art martial le plus féminisé. Les jeunes filles et les femmes apportent à l'Aïkido sa dimension "Yin", faite de souplesse, de diplomatie et de bienveillance. Même la notion "Yang" de "Irimi", projection "en rentrant" (sous entendu "dans l'adversaire") cherche à épargner le partenaire. En fait, on cherche à désarmer l'agressivité de la situation, c'est à dire à la fois celle de l'adversaire et la sienne propre.

Sans jamais reculer ou bloquer un coup, l'aïkidoka entre dans l'attaque en disparaissant du point d'impact présumé; tout se passe comme si l'agresseur enfonçait une porte ouverte, au propre comme au figuré. Dans cette position, l'aïkidoka n'a plus qu'à ajouter un zeste d'énergie (c'est le sens du mot Aïkido) pour déséquilibrer le partenaire : une citation du Bushido s'applique plus que jamais à cet art martial où le pratiquant n'ayant pas l'initiative de l'attaque doit réagir dans l'instant (Ici et maintenant disait le maître Zen Taisen Deshimaru, disparu en 1982) en comptant sur sa concentration et son intuition : je n'ai pas de talent : je fais de l'esprit prompt mon talent ; je n'ai pas de desseins : l'opportunité est mon dessein (je saisis l'occasion aux cheveux), je n'ai pas de tactique : je fais du vide et du plein ma tactique.

Création continue, l'aïkido enseigne la respiration, l'équilibre, l'attitude et la distance justes, la disponibilité et la fluidité, le respect d'autrui, et surtout le simple fait qu'il n'existe ni victoire, ni défaite. Les plus jeunes auront un peu de mal à se concentrer au début et axeront leur pratique sur le défoulement physique. Avec le temps vient le plaisir de la maîtrise technique et de faire à chaque fois "le plein d'énergie". Finalement, L'AIKIDO peut être pratiqué très tard. Le fondateur enseignait encore à 80 ans révolus.
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