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Chamanisme !

Posté le 21 Avril 2019
Tags : chamanisme, kétamine, RCT, enthéogène



Celle-là, on ne me l’avait jamais faite ! Mais j’avoue sans vergogne qu’être taxé de chamanisme dans une revue médicale indexée, non seulement m’amuse un peu, mais me flatte : les chamanes n’ont – t-ils pas inventé l’ayahuasca, ce breuvage enthéogène qui n’a certes pas dû bénéficier d’une RCT (randomized Controlled Study) mais dont les principes actifs, di-méthyl-tryptamine et inhibiteurs de la monoamines oxydase, sont des molécules dont l’activité est bel et bien attestée par la science officielle.
Moi qui atteins mon année totémique (le Cochon de Terre est brave, mais opiniâtre), 20 ans me semblent hier, et trente à peine davantage. J’imagine que ce confrère (quoique ce terme agacera un détracteur de chamanes) doit être de la dernière averse pour estimer que la science d’hier est moins légitime que celle d’aujourd’hui, et on ne voit pas en quoi une revue germanique le cède à une revue française qui vient de passer à l’anglais pour booster sa légitimité. Mais c’est vrai qu’en ces temps de Brexit, même Union Européenne perd la boule.
O tempora, o mores !
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Escapade à Londres

Posté le 04 Novembre 2018
Tags : Londres, Egyptologie



Ne manquez pas une visite au British Museum
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Soumission

Posté le 11 Avril 2017
Tags : Houellebecq, Goncourt, politique, littérature, machisme



En 2010, j’avais été désappointé par la nomination de Michel Houellebecq au Goncourt pour La carte et le territoire. Ca donnait l’impression d’un prix de rattrapage, un peu comme l’Oscar d’honneur attribué in extremis à un Raymond Poulidor du prix littéraire.

Les particules élémentaires, qui révélait à la fois l’écrivain et le futur Houellebecq était, en sa noirceur, dans la fibre de l’Etranger ; Plateforme, qui confirmait les obsessions sexuelles d’un monde désacralisé où l’individualisme met à nu l’angoisse existentielle était jouissif par cet humour désabusé, un peu british et d’autodérision qui fait l’agrément du sarcasme houellebecquien, et qui n’aurait sans doute pas déplu à Brassens dans sa façon de tacler les bien-pensants et les valeurs bourgeoises. Mais franchement, La carte et le territoire, comme La possibilité d’une ile, d’ailleurs, ça m’avait laissé sur ma faim. Ca donnait une impression de manque d’inspiration, de cul-de-sac et de production commerciale, et l’écriture n’était pas à la hauteur d’un Gaudé, d’un Ferrari ou d’un Lemaitre.

Avec Soumission, Houellebecq se qualifie. Rattrapage pour rattrapage, son roman politico-sociétal est remarquablement écrit et condense cet humour caractéristique et ce nihilisme qu’on peut détester, mais qui livre une vision crue, certes désillusionnée et machiste, d’une société française en proie au doute et à la remise en question. En cette période pré-électorale, force est d’observer à quel point Houellebecq a été, avec sept ans d’avance, un Cassandre avisé. Mise à part la fiction de l’accession au pouvoir d’un parti islamiste modéré rêvant de reconstituer les limites de l’empire romain, l’équilibre actuel des partis politiques avait été magistralement anticipé.

Jusqu’à la dernière ligne on se demande si le narrateur (plus houellebecquien et autobiographique que jamais) va réagir, quitte à se condamner socialement, comme Thomas dans L’insoutenable légèreté de l’être ou, non pas se soumettre, mais définitivement capituler, non seulement devant le chantage social revêtu des atours de la beauté du diable, mais surtout devant l’avancée inexorable de l’âge et de la décrépitude.

Soumission pourrait évoquer la phrase de René Char « la lucidité est la blessure la plus proche du soleil » si le machisme totalitaire qui en fait la trame ne révélait en creux l’absence de l’avenir de l’homme : la femme, donneuse de sens, juive, échappée, disparue vers une hypothétique terre promise.

Image : Americ Gothic par AI

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Vent d’Est, vent d’Ouest

Posté le 05 Mars 2017
Tags : Litterature, Policier, Polar, Ian Manook, Peter May, Chine, Pékin, Shanghai



Tout d’abord rebuté (effrayé) par des quatrièmes de couverture abomifreuses, où il est question de tueurs en série et de collections de femmes démembrées, j’ai fini par me laisser tenter par la série chinoise en échangeant avec une bibliophile de rencontre des impressions de polars qui nous avaient enthousiasmés. Je lui recommandai l’exceptionnel Yeruldelgger, de Ian Manook, savoureux polar à la sauce mongole ; elle réussit à me convaincre que non seulement l’intrigue de Peter May allait me tenir en haleine jusqu’à la dernière page, mais que j’y gagnerais un voyage dans le Pékin labyrinthique de l’auteur.

Je me délecte du troisième tome et j’avoue que l’improbable tandem Li Yan - Margaret Campbell est à la hauteur des promesses qui m’ont été faites. Lui, susceptible, méticuleux, pointilleux même, pétri des valeurs ancestrales d’une Chine traditionnelle et des principes avunculaires selon lesquels le diable se cache dans le détail ; elle, légiste américaine aussi perfectionniste dans sa fréquentation des morts qu’elle dissèque avec jubilation en exorcisant ses démons intérieurs. On s’en doute, la rencontre entre la rousse incendiaire aux magnifiques yeux bleus et l’athlétique policier chinois d’un mètre quatre-vingt n’est pas de tout repos, plutôt explosive même.

La trame, qui se délecte de macabre, nous entraine dans les méandres de Pékin et de Shanghai, entre modernité et tradition, ruelles labyrinthiques et gratte-ciels gigantesques, séquelles de la révolution culturelle et formalisme des rapports sociaux, corruption au plus haut niveau et cuisine chinoise. Vous allez adorer.

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Qui sème le vent…

Posté le 12 Février 2017
Tags : Ulysse, Pénélope, Fillon, Politique, Primaires, Elections, Economie, Piketty



On ne s’ennuie pas pendant les périodes pré-électorales, tous les 5 ans on nous sert un feuilleton. Le Pénélope-Gate prend des allures d’affaire DSK.

Il y a quelques jours un commentateur s’étonnait benoitement qu’après plus de 30 ans de vie politique, le canard enchaîné ne s’intéresse que si tardivement à François Fillon, précisément trois mois avant les élections présidentielles. Etrange ?

François Fillon, qui se dresse en mari offensé, en preux défenseur d’une épouse injustement attaquée, parle de l’extrême violence de la campagne menée contre son couple.

Il n’a pas tort.

Comme toujours dans l’arène politique, les combats ressemblent à ceux des gladiateurs, entourés d’une foule déchainée de pouces dirigés vers le sol.

Il fait mine, toutefois, d’oublier l’extrême violence de ses propositions de candidat à la fonction présidentielle. En cela, et contrairement aux apparences, son programme ne différait guère de celui d’Alain Juppé, prétendument « à gauche de la droite ». A gauche de la droite de la droite de la droite peut-être…

Cette primaire de la droite, indécente bataille d’égos, cour de récréation d’enfants gâtés d’une caste inconsciente des privilèges qu’elle s’est octroyés, a théorisé le recul terrible des acquis sociaux qui pourrait nous accabler d’ici quelques mois : âge de la retraite repoussé (alors que nous sommes bardés de chômeurs), allongement des heures de travail (les candidats faisant mine d’ignorer que la moyenne hebdomadaire effective de ceux qui ont la chance de travailler est de 39 heures, plus de 50 pour les médecins, et que notre productivité est la même que celle des allemands), diminution drastique du nombre d’agents de l’état (on ne sait d’ailleurs lesquels, puisqu’il ne s’agirait ni des policiers ni des juges : les infirmières peut-être ?), diminution des indemnités de chômage (les chômeurs sont des fainéants, tout le monde le sait… qu’ils se retrouvent à la rue, c’est leur problème, pas celui des honnêtes citoyens).

Tout le monde se fiche, peu ou prou, des rémunérations indécentes de la famille Fillon. Ce ne sont pas les premiers. Il est probable que, comme dans l’affaire DSK, les accusations feront pschitt. Indécentes ou non, ces rémunérations n’étaient probablement (enfin, qui sait ?) pas illégales. Les avocats de Strauss-Kahn n’ont pas cherché à démontrer qu’il n’y avait pas eu viol, mais bien à déconsidérer la crédibilité de la victime (et à l’acheter par-dessus le marché). Ceux de Fillon cherchent à débouter la légitimité du procès d’emploi fictif.

Non, la violence, car violence il y a, est celle du candidat Fillon (ex-premier ministre) qui cherche à nous faire avaler que la France (5ème économie mondiale) est en « faillite ».

Comme nous le rappelle Thomas Piketty, notre dette n’est pas détenue par l’émir du Qatar ou la Chine, mais par des rentiers européens, tout comme les rentiers français possèdent une partie de la dette européenne. Si un ménage français était endetté d’un an de son salaire (un PIB), auprès de ses voisins, on en rirait…

L’extrême violence, ce n’est pas celle qui est prétendue faite à l’encontre de Pénélope, que son courageux époux brandit tel un bouclier (je file sans lassitude la métaphore antique), mais celle du candidat Fillon, bénéficiaire depuis des années des largesses de la république, qui vient donner des leçons aux français et leur demander de se serrer pour certains (même pour beaucoup), encore un peu la ceinture.

La violence, ce n’est pas ce que François Fillon a fait, c’est ce qu’il a dit.

Détail (?) amusant, Fillon se réclame - en tant que candidat - de sa religion, catholique (eh oui, la chrétienté aux racines de l’Europe). Mis à part le fait que le Christ rendait « à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », on peut se demander (avec le défunt abbé Pierre) pour quel programme il ressentirait quelque solidarité s’il revenait nous voir. Comme le disait Brassens, « un beau jour on verra le Christ descendre du calvaire en disant dans sa lippe, merde ! je ne joue plus pour tous ces pauvres types »…

Ce billet d’humeur aurait tout aussi bien pu s’intituler « Tartufe » et mon billet du 4 novembre était rien moins que prémonitoire.

En définitive, Pénélope défaisait la nuit ce qu’elle filait le jour, en attendant son Ulysse de mari ; l’origine du premier emploi fictif ?





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