Nostalgie

Nostalgie

Kyoto… Kyoto,

combien j’aime tes temples altiers,
tes Tori orangés,
tes forêts de bambous, étranges, sombres et vertes,
la fragile somptuosité de tes mousses,
le dépouillement et le vide
de tes jardins de pierre,
tes silencieux cimetières à la verticalité radicale,
le port fier des geishas qui s’enfuient,
à Gion, au crépuscule,
tes rues étroites et calmes
et tes mystérieux passages,
quand les lanternes s’allument le soir,
au bord de la rivière.

Kyoto,
mon cœur saigne de ces profanations,
du tumulte qui trouble l’étang du pavillon d’or,
des flashes dont les éclairs défigurent ton silence,
des rires sonores
qui dérangent tes fantômes,

Kyoto,
comme j’aimerais te retrouver,
telle que tu fus,
jadis,
belle et secrète,
et calme et indomptée.


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