Onsen, 1000 ans de plaisir

Les romains avaient érigé leurs thermes en institution, les orientaux cultivent l’art du hammam, avec ses voluptueux bains de vapeur dispensés dans le marbre et la brillance des cuivres ; les japonais ont le Onsen.
Qu’il soit d’eau limpide ou ferrugineuse, calme ou à remous, ou encore s’annonce par une prégnante odeur sulfureuse (d’aucuns prétendront d’œuf pourri), le Onsen propose une eau brulante (à 41 degrés en principe), dans laquelle il peut sembler malaisé de se glisser la première fois. Les bains modernes séparent les sexes, car on s’y baigne nu, probablement pour ménager la culpabilité judéo-chrétienne des occidentaux.
Avant de s’y plonger, on fait sa toilette, assis sur un tabouret, dans une des loges semi-ouvertes qui précèdent la piscine. Quoi de plus voluptueux que de se laisser flotter ensuite, propre comme un sou neuf, dans ce milieu amniotique, l’esprit divagant dans un semi-coma bienheureux ?
Quand le baigneur a terminé de revenir à feu doux, il retourne se rincer, à l’eau fraiche de préférence, avant de s’envelopper avec délice dans un yukata propre, le kimono léger d’été qu’on peut porter dans tout l’établissement thermal.
Certains ryokans proposent un onsen en plein air, agrémenté d’une petite cascade dont le bruissement achève de vous porter au 7e ciel.
