Dracula

Dracula

N’en déplaise aux critiques assassines, pas sans légitimité d’ailleurs, j’ai pour ma part, moi qui, je le confesse, suis bon public et fan du héros de Bram Stocker, adoré cette nouvelle adaptation de son vampire, plus glamour que l’horrible et effrayant Nosferatu qu’il ne faut regarder qu’après avoir avalé une poignée d’anxiolytiques.

On est certes parfois à la limite du plagiat du somptueux Dracula de Francis Ford Coppola, référence absolue, incarné magistralement en 1992 par Gary Oldman. Le déroulement de l’histoire suit la même trame (et pour cause, c’est l’adaptation du même roman) ; le comte, joué cette fois par Caleb Landry Jones, tant dans son combat épique en armure baroque contre le turc que dans sa personnification en vieillard ridé par quatre siècles d’attente du retour de son aimée, semble être le même. Ses serviteurs gargouilles sont à la limite du grotesque, c’est clair, et certaines scènes de combat sont peut-être superflues. La musique elle-même, envoutante pourtant, n’est pas sans rappeler les accents de celle du film de Coppola.

Il n’empêche, la fresque romantique qui fait de cet amour insatiable et traversant l’obscurité des siècles le thème central du film est un spectacle envoutant. La malédiction opère, le monstre tour à tour horrifie et séduit. Comme dans le film de Coppola, lorsque l’horreur devient trop prégnante, l’oppression du spectateur est levée par le recours à humour… grinçant :  j’en veux pour preuve cette décapitation des plus réalistes autant qu’horrifique dans laquelle Jonathan, le pâle fiancé, repose soigneusement le sabre dégoulinant de sang à sa place sur le présentoir du salon.

Ne boudez pas votre plaisir, malgré les critiques les plus légitimes, ce film reste un divertissement des plus plaisants, qui donne envie de relire ce cher Bram.

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