L’art fractal fascinant de monsieur Jean Corrèze

Avec son très beau sourire, Jean Corrèze l’explique volontiers : il est un autodidacte. Pionnier de l’art fractal, il « attrape » la vocation qui va guider son existence avec la lecture du livre de Benoit Mandelbrot, ce mathématicien issu d’une famille juive intellectuelle de Varsovie, qui invente, ou plutôt découvre les fractales et publie en 1967 son article séminal.
Je vous en ai parlé dans un article antérieur, les fractales sont ces objets de dimension non entière, caractérisés par une symétrie d’échelle : chacune des parties est semblable au tout. Étonnamment ignorées du plus grand nombre, elles sont pourtant les seules formes secrétées par la nature : arbres, nuages, vagues, montagnes, dépôts des alluvions, motifs des ailes de papillons, fissures, fractures, cristaux… La liste en est infinie, qui va du micro au macrocosme. C’est la fameuse théorie du Chaos, si bien vulgarisée par James Gleick.
Jean Corrèze s’est passionné pour ces phénomènes, trajectoires erratiques des neutrons, mécanique des fluides, accélérateurs de particules, phénomènes cosmiques. A rebours des explorateurs de fractales qui usent de l’informatique, chacune de ses créations est unique.
Les fractales qu’il peint à l’huile selon des secrets qu’il se garde de dévoiler, se contemplent de loin, dans l’harmonie de leur ensemble, puis s’admirent de près, dans le foisonnement de leurs détails, restitués avec une minutie étonnante. On est fasciné par l’atmosphère étrange que dégagent ces peintures, qui nous plongent dans les mystères de la création et le creuset des étoiles.
Une promenade au Château Lescombes, où a lieu l’exposition
