Japon

Le Japon des parisiens : Toraya

Posté le 21 Juin 2014
Tags : Toraya, Thé matcha, Paris, Japon, Japon des parisiens, Paris des japonais



Toraya, l’une des plus anciennes pâtisseries du Japon, propriété de la famille Kurokawa depuis cinq siècles, ouvrit sa boutique parisienne en 1980.

Le salon de thé est tenu par la 17ème génération de cette maison fondée à Kyoto en 1520, fournisseur la cour impériale.

On y goutte, l'hiver, dans une ambiance feutrée, un onctueux chocolat chaud au thé matcha. Mais en été, la glace au thé matcha, d'un beau vert sombre, saupoudrée d'une brindille croustillante, est un vrai délice.

"Le vent se lève, il faut tenter de vivre"

Posté le 14 Février 2014
Tags : Japon, Miyazaki, cinéma, seppuku, bushido, guerre, Hiroshima, Mishima



Quel régal qu'un Miyazaki.

Celui-ci serait-il le dernier, vraiment ? Il nous est permis d'espérer des créateurs de génie que leurs promesses de retraite dorée ne leurrent jamais qu'eux-mêmes...

Le vent se lève, qui se réfère à la période, terrible aussi pour le Japon, de la seconde guerre mondiale et de la conception de l'avion zéro, triste héros de Pearl Harbour et du sacrifice des Kamikaze, parvient à retranscrire ce sujet grave avec toute la féérie du voyage de Chihiro ou du Chateau dans le ciel.

Le zéro fut un véritable mythe, jamais surpassé en terme de maniabilité. Miyazaki dépeint la passion dévorante de son jeune créateur, hanté jusque dans ses rêves par la perfection de l'aéronef qu'il va imaginer. Mais les ailes rouges de la guerre donnent le ton mélancolique qui teinte le film en toile de fond. L'amour se révélera l'ingrédient indispensable à la force créatrice de cette arme de destruction totale, mais le démiurge n'échappera pas au pacte faustien qu'il faudra en fin de compte honorer.

Certains pensent que Miyazaki serait passé à côté de la dimension diabolique qu'implique la genèse de cette arme de guerre. C'est peut-être oublier les références culturelles inconscientes des japonais au code d'honneur des guerriers, dont on dit que Yukio Mishima fut la dernière victime. En arrière plan de la prouesse guerrière est toujours présente l'expiation rituelle du seppuku. Il est peu concevable que dans l'âme d'un nippon, soit passé inaperçu le contrepoint à Pearl Harbour que fut la punition d'Hiroshima et de Nagasaki.

H I R O S H I M A

Posté le 06 Août 2013
Tags : Hiroshima, Cinéma, 1959, Alain Resnais, Emmanuelle Riva



il y a aujourd'hui 68 ans...

l'occasion, peut être, de revoir le merveilleux film d'Alain Resnais.

Emmanuelle Riva et Eiji Okada dans Hiroshima mon amour


Revoir les images du film

Ascenseur diabolique

Posté le 16 Juillet 2013
Tags : Japon, littérature, Matsumoto



Pourquoi pas un autre polar nippon cet été ?
Je vous ai déjà entretenu de Matsumoto, l'auteur de "Tokyo Express".
Cette fois, Matsumoto met en scène Asai, un salaryman tokyoïte d'âge moyen qui apprend en pleine réunion de travail le décès brutal de sa jeune épouse.
Confit d'obséquiosité envers son supérieur, sans envergure et ne bénéficiant d'aucune protection, il espère gravir l'échelle sociale à la force de son seul mérite. Se refusant la plupart des menus plaisirs, il passe plus de temps que nécessaire au travail, et on ne lui connait aucun écart de conduite.
Le deuil qui le frappe va infléchir le cours du long fleuve tranquille de son existence. Quelque chose le chiffonne dans les circonstances de cette mort cataloguée de naturelle, et il va bientôt mener sa propre enquête.
Son anxiété maladive et son perfectionnisme vont le précipiter peu à peu dans ce qu'on pourrait qualifier de syndrome d'Icare. Ne va-t-il pas brûler ses ailes en se rapprochant trop près de la vérité ?
Ce roman hitchcockesque montre comment l'ascenseur social peut se transformer soudainement en ascenseur pour l’échafaud.



Coffee Master

Posté le 02 Juin 2013
Tags : Japon, Maître, Café, zen



Une venelle Kyotoïte, à mi-chemin entre les trois jardins zen sublimes du temple Tofukuji et les allées de portiques shinto oranges du sanctuaire Fushimi Inari.

Nous peinons à nous orienter dans ce quartier éloigné dans la banlieue sud, pas vraiment desservi par la ligne ferroviaire que nous avons prise depuis le quartier de notre hôtel et qui se superpose à Karasuma Dori, verticalement entre le centre et l'immense et modernissime gare de Kyoto.

Il doit être dix heures, il fait bon dans ce printemps nippon dont nous avons été si cruellement privé en douce France. Une bouffée de nostalgie doit nous pousser à franchir le seuil du Yamakawa Coffee.
c'eut été dommage... Le maitre s'est formé à Tokyo et commande directement les grains dont il n'ignore pas une caractéristique, et dont les arômes sont soigneusement emprisonnés dans les dizaines de bocaux qui accueillent le visiteur. On parle de puissance, de fruité, d'amertume, de la France et du Japon, et surtout on sourit, on rit, on échange, à la façon si espiègle et fraiche qu'ont les japonais de vous accueillir sous leur toit.

Ne le manquez pas quand vous visiterez la capitale impériale, d'autant qu'il nous a orientés vers un temple zen minuscule, déserté des touristes comme des dévots. Seule la présence discrète de la personne chargée de la propreté du sanctuaire meublait ça et là le silence de cet instant exquis.

Premières impressions

Posté le 26 Mai 2013
Tags : Japon, propreté, éducation, seppuku



Mai 2013, mon fils ainé (vous savez : Thomas, le concepteur de ce site admirable) et moi revenons de dix jours au pays du soleil levant. Ce n'est pas un vain mot lorsqu'on débarque à l'aéroport Charles de Gaulle : 10°C ! Le soleil, depuis 4 ou 5 ans, boude ce qui fut - jadis - un mois de mai si exquis dans la capitale. Cette année, c'est carrément la cata. Ce n'était pas le cas à Tokyo, Hakone ou Kyoto, en proie à la douceur d'un vrai printemps. Nous nous sommes même offert le luxe suprême - pour nous, pauvres parisiens - de rapporter un teint outrageusement hâlé. (Il y a quatre ans, j'eus la bonne idée de découvrir le pays en été ; les cigales chantaient, et elles le pouvaient : il faisait dans les 40 °C).
Bien que si jaloux de notre douce France, de ses verdoyants paysages, de ses monuments lourds de 2000 ans d'histoire, de sa bonne chère si enviée, force est de reconnaitre que d'y accéder au travers du RER B lorsqu'on a parcouru Omote Sando, Rappongi Hill ou les alentours du pavillon d'or, fait paraître la mère patrie terne, étriquée et surtout - la honte - particulièrement sale.
Au Japon, notamment à Tokyo où s'élancent chaque matin les nuées de millions de salarymen, où l'on fume volontiers (depuis mon dernier passage, dans d'espèces d'abribus où la rue parque désormais les esclaves de la nicotine - mais on fume au restaurant), pas un mégot par terre, pas un papier gras, pas une déjection de canidé. Dans le métro, pas un tag, pas une rayure. C'est simple, on lècherait par terre.
Et que dire des bonnes manières de ses habitants. Le seul rapport avec la "fourmi nipponne" qu'on a prétendu nous vendre il y a quelques années (et l'image d'Epinal de torrents de touristes asiatiques qui se photographient devant nos monuments - mais qui ne persisteront guère s'ils continuent à se faire agresser au sortir des luxueuses boutiques élyséennes), ce sont les hordes tokyoïtes qui se déversent en bruissant depuis des gares cyclopéennes en fendant spontanément leur flot dense au contact des visiteurs ébahis, comme les eaux de la mer rouge devant le peuple hébreux en fuite. Pour le reste, les japonais, certes bruyants à table (toute occasion est bonne pour exploser de rire), sont souriants, gais, aimables, prévenants, récurés jusqu'au bout des ongles, tirés à quatre épingles et ne peuvent construire une phrase sans la ponctuer de "kudasai" (je vous prie) et de "arigato gozaimasu" (merci beaucoup). J'en ai compté pas moins de 9 dans le seul compliment de l'hôtesse japonaise après notre atterrissage. Il faut même y réfléchir à deux fois avant de leur demander son chemin, car ils se feraient plutôt seppuku (vulgairement : Hara Kiri) que de vous décevoir. Au Japon, le sens du service signifie quelque chose. Enfin, malgré un océan de 30 millions d'âmes à Tokyo, il est exceptionnel d'entendre un coup rageur d'avertisseur (un peu plus souvent cependant qu'en 2009, il me semble) et le métro, large, climatisé et constellé d'écrans plats, y est silencieux : chacun surfe, lit ou somnole sans déranger son voisin. Personne n'y bouscule - et encore moins n'y insulte - personne. Presque une villégiature.
Ajoutez à cela la lecture des incomparables "Chroniques japonaises" de Nicolas Bouvier, et vous aurez tous les ingrédients pour un voyage inoubliable en terre nipponne.


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