Japon

Unagi

Posté le 19 Mai 2016
Tags : Japon, cuisine, sushi, unagi, Paris, rue Sainte Anne



Pour les amateurs (éclairés) d'anguille grillée, rendez vous dans le quartier nippon de Paris : au 272 rue Saint-Honoré, Nodaïwa vous accueillera dans son ambiance feutrée et ses décors lambrissés pour déguster ce poisson dont l'aspect ophidien peut rebuter certains. C'est un peu cher, mais le saké chaud est fruité, l'anguille fondante, la glace au thé matcha accompagnée d'un biscuit croustillant à la graine de sésame et, surtout, vous vous octroierez le privilège de savourer l'instant dans un petit fragment de Paris authentiquement japonais.

Je profite de cet aparté pour vous remettre en mémoire quelques - une de mes adresses préférées du Japon des parisiens :

Ko Syu En : mi restaurant, mi salon de thé, c'est la porte voisine (258 rue Saint-Honoré)

Kioko : la supérette nippone, à deux pas, dans la rue Sainte-Anne. Saké, thé matcha, shiso, pâtisseries japonaises, wasabi, algues et sauces...

Jugestsudo : le palais des thés de la rue de Seine (Un moment de zen dans le cinquième)

et Michi (le chemin, la voie), ce restaurant si petit que je n'arrive jamais à en retrouver l'adresse quand je le cherche rue Sainte-Anne, ou les sushi sont délicieux parce qu'authentiques

Aikido

Posté le 01 Juillet 2015
Tags : Aïkido, Japon, Arts martiaux, zen



Aï signifie harmonie, union, rencontre. Ki, dont l'idéogramme (un épis de riz qui se transforme en fumée dans l'âtre) symbolise la transformation de la matière en énergie (e = mc² !), signifie énergie vitale, celle qui réside dans le ventre (hara, l'océan d'énergie), le centre de l'être (seïka tanden) et qui met l'homme en relation avec le cosmos. Do, en japonais, signifie voie, chemin (C'est le Tao de Lao Tseu, qui vécu en chine il y a 2500 ans).

AIKIDO peut donc se traduire par "la voie de l'harmonie" ou "la voie de l'union des énergies". Cet art martial fut fondé au Japon par maitre Morihei Ueshiba, disparu en 1969.

L'Aïkido n'est pas un sport de combat, mais un art martial. La différence n'est pas seulement d'ordre sémantique. Les arts martiaux sont issus des techniques de combat de la féodalité japonaise. A l'origine, il s'agissait donc plus de techniques (JUTSU) de survie que de pratique sportive. L'efficacité était le but recherché. Lorsque la guerre n'a plus été une nécessité quotidienne, la pratique spirituelle (esthétique, concentration, recherche de la perfection) s'est transmise et les techniques de combat sont devenues un moyen de réalisation intérieure parmi d'autres : ju-do (voie de la souplesse) issu du ju-jutsu, aïki-do, apparenté à l'aïki-jutsu où l'on porte les coups (atemi).

On est frappé lorsqu'on assiste à une démonstration d'AÏKIDO par la fluidité des mouvements, sublimés par le port du Hakama, vêtement traditionnel au Japon. Plus qu'une joute, on a le sentiment de contempler une chorégraphie. L'aïkido repose sur une pratique (waza) qui réunit et harmonise l'énergie de taï (le corps) et shin (l'esprit). On retrouve le concept taoïste de ying et yang qui exprime l'absence d'opposition (non dualité) mais la complémentarité entre lumière et obscurité, mâle et femelle, matière et énergie, plein et vide. En aïkido, chaque technique présente deux formes: positif (omote) et négatif (ura), direct (irimi) et indirect (tenkan). La réaction s'adapte à l'attaque comme un liquide à son contenant...

Dans son livre "le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc", parlant du Kyudo, Herrigel dit que l'art ancien du tir à l'arc ne consiste nullement à poursuivre un résultat extérieur avec un arc et des flèches, mais uniquement à réaliser quelque chose en soi-même. D'ailleurs, le lieu où on enseigne les arts martiaux porte de longue date le nom de Dojo, c'est à dire, lieu de l'éveil. L'aïkido a su préserver cette dimension spirituelle. Surtout, c'est l'un des seuls arts martiaux dont toute idée de compétition est exclue. Le dessein de l'aïkidoka n'est pas de neutraliser l'adversaire, mais de le dissuader en lui démontrant la vanité de son agressivité. Beaucoup de techniques d'Aïkido consistent à désarmer l'adversaire, qui est d'ailleurs davantage un partenaire (UKE). C'est une des raison pour lesquelles c'est l'art martial le plus féminisé. Les jeunes filles et les femmes apportent à l'Aïkido sa dimension "Yin", faite de souplesse, de diplomatie et de bienveillance. Même la notion "Yang" de "Irimi", projection "en rentrant" (sous entendu "dans l'adversaire") cherche à épargner le partenaire. En fait, on cherche à désarmer l'agressivité de la situation, c'est à dire à la fois celle de l'adversaire et la sienne propre.

Sans jamais reculer ou bloquer un coup, l'aïkidoka entre dans l'attaque en disparaissant du point d'impact présumé; tout se passe comme si l'agresseur enfonçait une porte ouverte, au propre comme au figuré. Dans cette position, l'aïkidoka n'a plus qu'à ajouter un zeste d'énergie (c'est le sens du mot Aïkido) pour déséquilibrer le partenaire : une citation du Bushido s'applique plus que jamais à cet art martial où le pratiquant n'ayant pas l'initiative de l'attaque doit réagir dans l'instant (Ici et maintenant disait le maître Zen Taisen Deshimaru, disparu en 1982) en comptant sur sa concentration et son intuition : je n'ai pas de talent : je fais de l'esprit prompt mon talent ; je n'ai pas de desseins : l'opportunité est mon dessein (je saisis l'occasion aux cheveux), je n'ai pas de tactique : je fais du vide et du plein ma tactique.

Création continue, l'aïkido enseigne la respiration, l'équilibre, l'attitude et la distance justes, la disponibilité et la fluidité, le respect d'autrui, et surtout le simple fait qu'il n'existe ni victoire, ni défaite. Les plus jeunes auront un peu de mal à se concentrer au début et axeront leur pratique sur le défoulement physique. Avec le temps vient le plaisir de la maîtrise technique et de faire à chaque fois "le plein d'énergie". Finalement, L'AIKIDO peut être pratiqué très tard. Le fondateur enseignait encore à 80 ans révolus.

Naufrages

Posté le 25 Avril 2015
Tags : Akira Yoshimura, Japon, littérature



Akira Yoshimura décrit le quotidien d'un village de pêcheurs, isolé au fin fond d'une côte japonaise, où la misère est telle que les habitants, pour nourrir leur famille, sont contraints de se vendre comme ouvriers ou servantes, pendant des mois, parfois des années. La vie y est rythmée par le cycle des saisons, le flamboiement des feuilles d'automne qui s'annonce par un éclat écarlate sur la cime d'une montagne voisine, le retour des encornets, puis des poulpes, des maquereaux... La vie, la mort, l'amour sont mêlées intimement aux rites inspirés par les contraintes imposées par la température et les caprices de la mer.
Derrière ce tableau bucolique s'en profile un autre, bien plus inquiétant : la famine menace tellement les pêcheurs qu'ils se sont fait pour survivre, depuis des générations, naufrageurs. Les nuits d'hiver, ils entretiennent sur la plage des feux dans le but d'égarer les bateaux dans la tempête, et de se repaitre impitoyablement de leurs restes.
On est proche de la violence de la ballade de Narayama, dans l'étude entomologique des ces réprouvés, criminels presque malgré eux. Kenji Nakagami a décrit tout au long de son œuvre (le cap, Mille ans de plaisir) les burakumin, une de ces castes de parias, dont il était lui même issu.
Mais la malédiction punira in fine ces pêcheurs en s'introduisant dans leur vie par l'intermédiaire de leur péché même, sous la forme terrible du spectre de la mort rouge, évoqué jadis par Edgar Allen Poe, dont un autre écrivain japonais fera d'ailleurs d'Edogawa Ranpo son nom d'auteur.

Le nouvel espace MUJI aux Halles

Posté le 11 Novembre 2014
Tags : Muji, Paris, Japon, design



La saison froide arrive

Posté le 09 Novembre 2014
Tags : Japon, Paris, Toraya, automne, hiver, thé vert, chocolat



et le chocolat chaud au thé matcha refait son apparition chez Toraya
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