A la une du blog (politique)

Nicolas Sarkozy arrive à pied de la Chine

Posté le 27 Novembre 2012
Tags : Politique, UMP



et pendant que François Fillon entend créer ce qu'il nomme un RUMP,
Copé qui se proclame vainqueur ne veut pas de ce vain cul.

Ils sont... inoxydables.

Rump = Fion
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Faut-il aller voir Snowpiercing ?

Posté le 15 Novembre 2013
Tags : Cinéma, politique, riches, pauvres, société, Marx, SF, BD



Il ne s'agit pas d'une nouvelle mutilation adolescente - et d'ailleurs, c'est snowpiercer - mais de l'adaptation par Bong Joon-ho au grand écran de la BD post-apocalyptique "Le Transperceneige" (par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette), publiée entre le 1er octobre 1982 et le 1er juin 1983 dans le magazine À suivre.

Les moyens actuels de l'imagerie numérique rendent aussi ahurissantes que celles de "Gravity" les scènes de ce film de politique fiction qui est surtout intéressant par son allégorie cinématographique des théories de Marx.

Alors que la lutte des classes est symbolisée par l'inégalité de l'accès à la longévité dans "Time out", à une culture interdite au vulgaire dans "Equilibrium", ou à la santé dans "Elysium", le scénario de Snowpiercer compartimente les castes dans un immense train-univers au sein duquel survit le reste d'une humanité exterminée par une catastrophe écologique.

Le contraste entre les êtres qui survivent en queue de train (mais on retrouve la stratification sociale matérialisée par les ponts en mille-feuille de "Titanic") et l'univers absurde et cynique des privilégiés de l'avant donne lieu à des scènes d'anthologie complètement décalées qui, à elles seules, valent le détour.

Qu'on plébiscite ou qu'on exècre le genre, on peut envisager l'ensemble de ces œuvres de SF comme un tout, une critique jamais vraiment hors-sujet des inégalités sociales inhérentes à l'homme, pas vraiment différentes au temps des oligarques de celui des pharaons, même si une récente étude dément l'échec social du gouvernement de gauche que la France versatile et râleuse a malgré tout amenée au pouvoir.
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Dans quel état j'ère ?

Posté le 22 Novembre 2013
Tags : Paris, métro, politique, angélisme, duplicité, NKM



Non mais vraiment, sur quelle planète vivent - ils ? Mars ? Elysium ? Les plus macho d'entre nous seraient tentés de lui rétorquer "sois belle et tais toi". On ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer. Peut être ne sont - ils pas vraiment "méchants", seulement parfaitement incompétents. Quand on voit qui prétend nous diriger ou compter au nombre de nos édiles, ça fait quand même un peu froid dans le dos.
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A poil laineux

Posté le 14 Février 2014
Tags : à poil, Copé, Argent sale, politique



Beaucoup de débat et de bruit autour de la décence ces temps-ci sur la scène politique française. Coluche distinguait la grossièreté (provocatrice, du langage), de la vulgarité (révélatrice, du comportement). certains hommes politiques ne perdraient rien à le relire. Si le ridicule est de se prendre au sérieux, l'indécence est peut être de nager dans les eaux troubles de certaines piscines, quand bien même elles cachent pudiquement les parti()s. Bref, on comprend que certains ne tiennent pas vraiment à se mettre à poil.


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Egalités

Posté le 01 Décembre 2015
Tags : Piketty, économie, politique, richesse, inégalité, croissance, oligarchie



Le Piketty m’est dégringolé dessus comme un pavé. Quatre cm d’épaisseur et pas loin de 1000 pages : c’est l’inconvénient de commander un livre en ligne, on n’en voit pas la tranche. Piketty peut se prévaloir de la minutieuse et jamais égalée accumulation d’un very big data sur les salaires perçus et le capital accumulé dans le monde entier depuis trois siècles.

Pas si indigeste que ça, in fine. Ne serait-ce sa densité respectable on croirait feuilleter un manuel d’économie pour les nuls. En commençant par le b-a-ba et en rappelant avec patience et pédagogie, chapitre après chapitre, les acquis des pages précédentes, Piketty expose de façon lumineuse ce qu’on appelle revenu national (p 78) ou rapport capital/revenu (p 89). On apprend tout sur le taux de croissance de la population mondiale, celui de la production correspondante (p 106 et 168), les effets de l’inflation (p 177).

Au passage, les data tordent le cou à des fantasmes : non, la France n’appartient ni aux chinois, ni aux émirs du Golfe. En fait, les possessions des étrangers en France sont contrebalancées par celles des français à l’étranger.

En ce qui concerne la richesse publique, François Fillon a l’excuse de s’être exprimé un peu tôt : s’il avait eu il y a quelques années ce monument à portée de main, il ne serait pas allé nous balancer qu’il prenait la tête d’un état en faillite (c’est sa tête qui était en état de faillite). En effet, dette publique et possessions de l’état s’équilibrent exactement, de sorte que la richesse publique n’est pas dans le rouge, même si elle n’est pas loin de zéro, ce qui est le cas des états riches qu’on prétend nous donner en modèles (l’Allemagne rigoureusement à zéro de capital public en 2010, p 228 : actifs et dettes représentent un an de revenu national). Emprunter ce qu’on a, ce n’est quand même pas la fin des haricots.

Ce n’est pas le cas du capital privé : on apprend ainsi que dans les pays riches comme le nôtre, en 2010, les habitants ont en moyenne accumulé plusieurs années de revenu : quatre ans pour l’Allemagne, cinq ans au royaume uni, six pour le patrimoine des français (p 230). Comme on le voit, « c’est pas » la faillite ou comme dirait le père Pedro Opeka (parlant des ouailles dont il prend soin à Madagascar), si vous pensez que vous êtes en crise, alors quel mot faudrait-il inventer pour décrire la misère qui est la nôtre ?

La seconde partie du pavé se concentre sur, justement… la concentration des richesses.

Sous l’ancien régime, 98% des français ne possédaient rien, et 2% pratiquement tout. En 1789, le peuple mourrait de faim et ce ne sont pas seulement les lumières qui ont engendré la révolution et l’abolition des privilèges. Ce ne sont en effet pas les riches qui posent problème (les patriciens assuraient au peuple du pain et des jeux), mais … les pauvres. Quand une masse suffisante de la population est misérable et n’a plus rien à perdre, rien n’empêche plus l’explosion et la chute des têtes. Cependant, si la révolution a prétendu abolir les privilèges et proclamer l’égalité, le fait est qu’au décours de la révolution industrielle, la situation n’était guère différente, avec une concentration des richesses absolument extrême chez une petite caste de privilégiés. En 1910, le dixième décile (les 10% les plus riches) accaparait 90% des richesses en France (pratiquement 60% pour le centile du haut, p 542). La « belle époque » l’était surtout pour ces happy few ou comme aurait dit Coluche, certains sont … plus égaux que d’autres.

Le XXème siècle a apporté un changement radical dans la répartition des richesses : les deux guerres ont changé la donne et fait apparaitre un phénomène nouveau et fondamental, avec un effondrement des patrimoines puis une croissance (reconstruction) considérable pendant la période dite des trente glorieuses. Page 234, un éloquent graphique montre le coup de hache (courbe en U) que se sont infligés les capitaux des nations au décours des deux guerres mondiales. Entre 1870 et 1950, ce sont quatre années d’accumulation sur sept qui sont parties en fumée. Le capital européen n’a pas retrouvé à ce jour le niveau qu’il avait avant 1914.

Ces phénomènes ont permis l’apparition d’une classe moyenne qui a pu s’arroger une partie de la richesse nationale accaparée sous l’ancien régime puis à la belle époque par les privilégiés. A l’heure actuelle, le dixième décile (P10 ou les 10% les plus riches) possède en France encore 60% (quand même) de la richesse nationale. Un coup d’œil à la loupe révèle que parmi ces P10, le premier centile (les 1% les plus riches) qui thésaurisait 60% des patrimoines en 1910 en possède 25% en 2010. Certes, la part des 50% les plus pauvres n’a guère évolué : elle reste inférieure à 5% de la richesse nationale (p 546). Mais les « 40% du milieu » ont récupéré le reste : 35%. On pourrait rêver mieux comme démocratie, mais c’est « moins pire » qu’au cours des siècles précédents. Par ailleurs, aux esprits réactionnaires qui prétendent qu’ "appauvrir" les riches n'enrichira pas les pauvres, ces chiffres répondent qu'un peu de redistribution ne fait pas de mal.

Toutefois, depuis les années 70, le capital se reconstitue à la vitesse grand « v » et avec une véritable frénésie depuis les années 90. L’évolution « naturelle » de la croissance ne peut se stabiliser qu’à la baisse (n’oublions pas qu’elle a été inférieure à 1% avant le 19ème siècle et depuis la nuit des temps et qu’actuellement nous avons tellement entamé la planète que tabler sur une augmentation globale de la croissance est purement suicidaire à moyen terme). Les taux à deux chiffres sont des épiphénomènes de pays émergents en phase de rattrapage. Or, la différence (r>g) entre rendement (r) du capital (5% en moyenne) et croissance (g = 1% à l’équilibre) aboutit mé-ca-ni-que-ment (p 578) à la concentration d’une richesse sidérale dans les seules mains de ceux qui possèdent le capital : typiquement, si aucun mécanisme ne vient contrecarrer ce processus, 90% des richesses se concentreront chez le décile supérieur dont 50% pour le centile du haut. La réalité est que plus le capital est important, plus son rendement l’est aussi. Par exemple, les placements des plus grandes universités américaines (Harvard, Yale, Princeton qui possèdent entre 15 et 30 milliards de dollars de dotation) ont rapporté en moyenne plus de 10% par an au cours des trente dernières années (rendements du capital nets, déduits de tout travail et de toute imposition).
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Irrespirable

Posté le 08 Décembre 2015
Tags : Politique, FN, Piketty, riches, pauvres, égalité, démocratie, oligarchie, pétrôle



On se demande où l’air est devenu le plus irrespirable. A Pékin, submergé sous
l’ « airpocalypse » ou en France quand un votant sur trois vient de se prononcer en faveur du FN ?

A y regarder de près, ce sont les hommes les plus jeunes, les moins éduqués et surtout les moins rétribués ou les plus au chômage qui ont voté Front National. On pourrait faire le parallèle (en plein scandale de la FIFA) avec les amateurs de foot qui vont acquérir des billets hors de prix pour regarder jouer « les bleus » : ce sont des chômeurs et des smicards qui payent des millionnaires… Le FN, dont les plus jeunes, épargnés par les souvenirs méphitiques de la dernière guerre et de la guerre d’Algérie sont les prosélytes, veulent croire les discours de Marine Le Pen qui prétend que les déboires des français viennent de l’état social (mais Nicolas Sarkozy qui veut remettre les « assistés » au travail n’est dans le fond pas très différent) et des immigrés. La réalité, c’est que par exemple à Paris, les achats étrangers ne rendent compte que de 3% de l’augmentation vertigineuses des prix, ce qui veut dire que ce sont des français qui tirent les prix vers le haut (Piketty P 742).

La vraie fracture, que la France d’en bas ignore et que celle d’en haut camoufle, c’est que les richesses, en France moins qu’en Amérique certes, mais dans une proportion quand même très significative, ne sont pas distribuées aux étrangers et aux chômeurs, mais sont confisquées par les P10 (les 10% les plus riches qui cumulent 60% de la richesse patrimoniale française) et surtout les P1 (les 1% qui possèdent un quart de la richesse nationale).

Je doute que l’éviction des étrangers change grand-chose au taux de chômage en France ni n’enrichisse ces 50% de français qui possèdent moins de 5% de la richesse de notre (encore) beau pays. De même, faire sécession d’avec cette Europe si dure à bâtir sur les ruines des deux guerres mondiales, n’améliorera ni la sécurité ni la richesse de la France.

C’est par désespoir, colère mais surtout par peur (fear is the mother of violence) que cette France fragilisée, ou plutôt abandonnée des élites et des promesses, se jette dans un pacte faustien. Attention, quand le FN, comme nos autres gouvernants, aura échoué, Méphisto reviendra réclamer son dû.

Piketty fait pourtant la démonstration lumineuse que la seule barrière contre l’accumulation ad nauseam des richesses est le retour à une fiscalité qui n’a pas été inventée par le parti communiste, mais par Roosevelt qui, dans la crise des années 30, avait décrété une tranche marginale d’imposition confiscatoire : 80% sur les bénéfices les plus élevés. C’est ce qu’avait promis François Hollande (75% sur la tranche supérieure à 1 million d’euros). C’est en ce sens que la France du bas peut se sentir trahie, et par Sarkozy (dont les conférences se rémunèrent en centaines de milliers d’euros) qui avait promis d’en finir avec les paradis fiscaux et par la gauche qui a certes fait de timides progrès dans le plafonnement des loyers, ou le développement de logements sociaux, mais qui reste très en dessous de ce que précisément, ces jeunes hommes sans avenir auraient pu espérer. Or, Piketty (toujours lui !) montre comment les rémunérations stratosphériques des dirigeants ont pris leur essor avec la diminution de la tranche marginale d'imposition et non, comme on cherche à nous le faire croire, par une mise en concurrence des plus méritants. Les parachutes dorés ne récompensent pas les meilleurs gestionnaires, mais les meilleurs négociateurs de leurs intérêts propres.

Jusqu’en 1910 dans le monde, le taux d’imposition du capital était proche de zéro (1-2% pendant la révolution, approchant de 10% en 1910, "Pik" page 757). A partir des années 50, et devant l’ampleur de la ruine mondiale, il s’était établi aux alentours de 30%. Le problème actuel est bien entendu la concurrence fiscale entre les états (dont les fameux paradis fiscaux). La part des prélèvements par rapport au revenu national est actuellement de 55% en Suède, 50% en France, 40% au Royaume Uni et seulement 30% aux USA. Or, cette moitié en France n’est pas volée aux contribuables : elle a permis, après la guerre, la création d’un état social. Education, santé, retraites, routes... Il n’est qu’à comparer ce que nous offre notre pays avec les autres états occidentaux pour en prendre conscience. Allez rouler (sans limites de vitesse) sur les autoroutes allemandes, ou vous faire soigner à New-York, vous comprendrez la différence. Quant aux minima sociaux, n’en déplaise à M Sarkozy, ils ne représentent que 1% du revenu national (Pik p 764).

Depuis les années 70, quand le pétrole tant convoité que les nations occidentales se procuraient pour presque rien, est devenu subitement une denrée chère, on nous rebat les oreilles avec la crise. La vérité est que nos pays sont immensément riches (mais de moins en moins égalitaires). Les ménages européens possèdent 70 milliards d’euros (Pik p 741). Les fonds de pension - qui nous font si peur - ne représentent que 1,5% de la richesse mondiale, les milliardaires également 1,5%. En revanche, le risque de divergence oligarchique est réel : véritable « énergie noire », au moins 10% des capitaux mondiaux sont subtilisés dans les paradis fiscaux (Pik p 746). La vraie menace, c’est la perte de souveraineté démocratique quand il est devenu impossible pour un gouvernement isolé de réguler, ou d’imposer une concurrence fiscale. La sortie de l’Europe que prône le FN affaiblira encore davantage la possibilité de contrôler cet argent fou.

Ainsi, Pékin étouffant sous l’oxyde azoté pendant la COP21 (un message d’en haut ?), Platini se débattant dans le scandale de la FIFA, Donald Trump (« trompe » ?) qui appelle au refoulement des musulmans hors de la terre d’accueil américaine, l’émergence d’un terrorisme mondialisé par un califat islamique financé par l’or noir et le vote massif Front National ne peuvent être considérés comme des entités totalement déconnectées.

Piketty veut croire en une régulation mondiale (qu’on pourrait nommer « égalité » peut-être ?) de la répartition des richesses, au travers d’un impôt progressif et coopératif sur le patrimoine. La paix et la justice, n’en déplaise aux va-t-en guerre de tout poil, ne s’instaurera dans un monde futur pas si utopique que cela si on compare notre époque relativement bénie aux génocides habituels des derniers millénaires, qu’avec une répartition honorable des biens d’une planète qui appartient à tous les hommes (ou à personne en particulier) et dont nous ne sommes jamais, pour une période assez brève somme toute, que locataires.
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Primaire

Posté le 14 Octobre 2016
Tags : Poisson, politique, primaire, primaires, droite, riches, pauvres, fiscalité



Le grand gagnant, c'est poisson : personne ne le connaissait, il vient de faire son apparition pour 5 ou 6 millions de téléspectateurs. Lemaire faisait petit garçon, Sarko hypercrispé, Fillon peine à convaincre, Copé n'a pas fait grand chose mais donnait le sentiment de prendre sa revanche même si Sarko a essayé de lui clouer le bec. J'ai trouvé NKM fraiche et la seule à proposer quelque chose d'original même si elle aussi fait petite fille égarée dans la cour des coqs.

Finalement, Juppé a conservé son avance, sans prendre de grands risques, mais je me demande pourquoi la grande masse des français, avec un salaire médian de 2000 euros va voter pour lui (ou la droite dont le programme libéral n'est de toute façon pas très différent) quand il nous promet(tent) de diminuer les indemnités chômage, de passer aux 37 ou 39 heures et d'allonger la vie de travail jusqu'à 65 ans en faisant des cadeaux fiscaux aux riches. Sans compter la diminution du nombre de prof, de médecins et d'infirmières, etc... puisqu'ils veulent supprimer 500 000 fonctionnaires sans toucher aux forces de l'ordre.

Par ailleurs prétendre que les français travaillent moins que les autres et saccager notre modèle social m'agace toujours un peu.

Le problème, c'est que les pauvres votent à droite parce qu'ils ont peur d'être déclassés par ceux qui sont encore plus pauvres qu'eux et fantasment toujours sur une hypothétique ascension sociale.

Seulement, l'ascenseur est en panne, et les inégalités se creusent et se creuseront.
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Pénélope

Posté le 04 Novembre 2016
Tags : Politique, primaires, droite, Pénélope, septennat



Guère moins ennuyeux, hier, que le premier débat de la primaire à droite. On aurait aimé les voir s'écharper mais c'est resté dans le fond à fleurets mouchetés.

Dans l'ensemble j'ai trouvé qu'on n'apprenait pas grand chose et qu'ils se distinguent par des nuances des plus subtiles. NKM prétend vouloir bousculer les institutions, mais ne propose pas grand chose de concret. L'autodérision de Copé l'a fait remonter dans mon estime. C'est le plus drôle. Qu'est-ce que Fillon est triste en revanche. L'optimisme ne lui colle pas à la peau. Il faut le flanquer sous antidépresseurs. L'empereur Juppé n'a pas crevé l'écran. Il va bientôt ressembler à la statue du commandeur. On attend toujours que Lemaire se les sorte (les tripes). Je pense que lui doit être sous neuroleptiques. Poisson droit dans ses bottes ne bénéficie plus de l'effet de surprise. Son avertissement sur la Syrie ne manque pourtant pas de clairvoyance. Quand à Sarko, son joker Bayrou a fait un gros flop. Il a dégainé son seul atout : avoir occupé la fonction, mais traine un bilan qu'il faut assumer.

Ils sont d'accord sur un point : casser du bois sur le dos de Hollande. C'est tellement facile : il ne peut pas répondre. On en reparle dans 5 ans. Une seule idée sensée : revenir à un septennat unique. En France on ne fait que de la politique politicienne et un camp détricote le travail de l'autre à chaque alternance. Plus je pédale moins vite, moins j'avance plus vite.
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Prémonitions

Posté le 09 Novembre 2016
Tags : Démocratie, argent, choix, société, politique, USA, Amérique, Donald



J’ai rêvé cette nuit que Trump l’emportait.

Le cauchemar était prémonitoire

Quelle leçon pour les démocrates sûrs de leur fait, salis d’avoir évincé Bernie Sanders… Quelle leçon pour Hillary, démocrate qui pointe à 10 millions de dollars par an. Quelle leçon pour les pronostiqueurs et autres commentateurs experts de l'actualité et de la politique. Quelle leçon pour nous tous (je devrais écrire « ceux d’entre nous »), qui n’avons pas cru à la possibilité du Brexit, et qui ne croyons toujours pas possible le passage de l’extrême droite aux élections prochaines. Extrême droite "parricide" (quand les républicains se réclament encore de De Gaulle) qui, elle, a bien saisi : première à féliciter Trump, avant même que sa victoire ne soit certaine.

Quel monde, quelle « grande » et étrange démocratie, qui choisit massivement l’exclusion, le repli sur soi, l’accroissement des inégalités, le détricotage de l’Obama Care… Et l’une des menaces qui pointe, plus que le doigt de « Donald » sur le bouton de l’orage nucléaire, c’est qu’il devient le président du plus grand pays producteur de pétrole.

Quel monde, à feu et à sang, qui tranche les membres et crucifie au nom de Dieu dans un Moyen-Orient déstabilisé par l’impérialisme; monde corrompu par le dieu argent, qui brûle vivant les Orangs-outangs pour nous faire ingurgiter à notre insu cette saloperie d’huile de palme, qui pratique le viol collectif comme arme de guerre au Congo, qui torture et mutile pour assure la suprématie d’un gouvernement sur les mines de Coltan, si nécessaire aux smartphones dont il faut persuader les occidentaux aisés de posséder le dernier modèle, l’appareil photo le plus perfectionné, le 4x4 le plus imposant. Qui répand ses poisons dans la nature, détruit l’océan, meurtrit les animaux…

Voilà le choix des grands pays démocratiques.

Ah... nous allons regretter Michèle et Barack.
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Qui sème le vent…

Posté le 12 Février 2017
Tags : Ulysse, Pénélope, Fillon, Politique, Primaires, Elections, Economie, Piketty



On ne s’ennuie pas pendant les périodes pré-électorales, tous les 5 ans on nous sert un feuilleton. Le Pénélope-Gate prend des allures d’affaire DSK.

Il y a quelques jours un commentateur s’étonnait benoitement qu’après plus de 30 ans de vie politique, le canard enchaîné ne s’intéresse que si tardivement à François Fillon, précisément trois mois avant les élections présidentielles. Etrange ?

François Fillon, qui se dresse en mari offensé, en preux défenseur d’une épouse injustement attaquée, parle de l’extrême violence de la campagne menée contre son couple.

Il n’a pas tort.

Comme toujours dans l’arène politique, les combats ressemblent à ceux des gladiateurs, entourés d’une foule déchainée de pouces dirigés vers le sol.

Il fait mine, toutefois, d’oublier l’extrême violence de ses propositions de candidat à la fonction présidentielle. En cela, et contrairement aux apparences, son programme ne différait guère de celui d’Alain Juppé, prétendument « à gauche de la droite ». A gauche de la droite de la droite de la droite peut-être…

Cette primaire de la droite, indécente bataille d’égos, cour de récréation d’enfants gâtés d’une caste inconsciente des privilèges qu’elle s’est octroyés, a théorisé le recul terrible des acquis sociaux qui pourrait nous accabler d’ici quelques mois : âge de la retraite repoussé (alors que nous sommes bardés de chômeurs), allongement des heures de travail (les candidats faisant mine d’ignorer que la moyenne hebdomadaire effective de ceux qui ont la chance de travailler est de 39 heures, plus de 50 pour les médecins, et que notre productivité est la même que celle des allemands), diminution drastique du nombre d’agents de l’état (on ne sait d’ailleurs lesquels, puisqu’il ne s’agirait ni des policiers ni des juges : les infirmières peut-être ?), diminution des indemnités de chômage (les chômeurs sont des fainéants, tout le monde le sait… qu’ils se retrouvent à la rue, c’est leur problème, pas celui des honnêtes citoyens).

Tout le monde se fiche, peu ou prou, des rémunérations indécentes de la famille Fillon. Ce ne sont pas les premiers. Il est probable que, comme dans l’affaire DSK, les accusations feront pschitt. Indécentes ou non, ces rémunérations n’étaient probablement (enfin, qui sait ?) pas illégales. Les avocats de Strauss-Kahn n’ont pas cherché à démontrer qu’il n’y avait pas eu viol, mais bien à déconsidérer la crédibilité de la victime (et à l’acheter par-dessus le marché). Ceux de Fillon cherchent à débouter la légitimité du procès d’emploi fictif.

Non, la violence, car violence il y a, est celle du candidat Fillon (ex-premier ministre) qui cherche à nous faire avaler que la France (5ème économie mondiale) est en « faillite ».

Comme nous le rappelle Thomas Piketty, notre dette n’est pas détenue par l’émir du Qatar ou la Chine, mais par des rentiers européens, tout comme les rentiers français possèdent une partie de la dette européenne. Si un ménage français était endetté d’un an de son salaire (un PIB), auprès de ses voisins, on en rirait…

L’extrême violence, ce n’est pas celle qui est prétendue faite à l’encontre de Pénélope, que son courageux époux brandit tel un bouclier (je file sans lassitude la métaphore antique), mais celle du candidat Fillon, bénéficiaire depuis des années des largesses de la république, qui vient donner des leçons aux français et leur demander de se serrer pour certains (même pour beaucoup), encore un peu la ceinture.

La violence, ce n’est pas ce que François Fillon a fait, c’est ce qu’il a dit.

Détail (?) amusant, Fillon se réclame - en tant que candidat - de sa religion, catholique (eh oui, la chrétienté aux racines de l’Europe). Mis à part le fait que le Christ rendait « à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », on peut se demander (avec le défunt abbé Pierre) pour quel programme il ressentirait quelque solidarité s’il revenait nous voir. Comme le disait Brassens, « un beau jour on verra le Christ descendre du calvaire en disant dans sa lippe, merde ! je ne joue plus pour tous ces pauvres types »…

Ce billet d’humeur aurait tout aussi bien pu s’intituler « Tartufe » et mon billet du 4 novembre était rien moins que prémonitoire.

En définitive, Pénélope défaisait la nuit ce qu’elle filait le jour, en attendant son Ulysse de mari ; l’origine du premier emploi fictif ?





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Soumission

Posté le 11 Avril 2017
Tags : Houellebecq, Goncourt, politique, littérature, machisme



En 2010, j’avais été désappointé par la nomination de Michel Houellebecq au Goncourt pour La carte et le territoire. Ca donnait l’impression d’un prix de rattrapage, un peu comme l’Oscar d’honneur attribué in extremis à un Raymond Poulidor du prix littéraire.

Les particules élémentaires, qui révélait à la fois l’écrivain et le futur Houellebecq était, en sa noirceur, dans la fibre de l’Etranger ; Plateforme, qui confirmait les obsessions sexuelles d’un monde désacralisé où l’individualisme met à nu l’angoisse existentielle était jouissif par cet humour désabusé, un peu british et d’autodérision qui fait l’agrément du sarcasme houellebecquien, et qui n’aurait sans doute pas déplu à Brassens dans sa façon de tacler les bien-pensants et les valeurs bourgeoises. Mais franchement, La carte et le territoire, comme La possibilité d’une ile, d’ailleurs, ça m’avait laissé sur ma faim. Ca donnait une impression de manque d’inspiration, de cul-de-sac et de production commerciale, et l’écriture n’était pas à la hauteur d’un Gaudé, d’un Ferrari ou d’un Lemaitre.

Avec Soumission, Houellebecq se qualifie. Rattrapage pour rattrapage, son roman politico-sociétal est remarquablement écrit et condense cet humour caractéristique et ce nihilisme qu’on peut détester, mais qui livre une vision crue, certes désillusionnée et machiste, d’une société française en proie au doute et à la remise en question. En cette période pré-électorale, force est d’observer à quel point Houellebecq a été, avec sept ans d’avance, un Cassandre avisé. Mise à part la fiction de l’accession au pouvoir d’un parti islamiste modéré rêvant de reconstituer les limites de l’empire romain, l’équilibre actuel des partis politiques avait été magistralement anticipé.

Jusqu’à la dernière ligne on se demande si le narrateur (plus houellebecquien et autobiographique que jamais) va réagir, quitte à se condamner socialement, comme Thomas dans L’insoutenable légèreté de l’être ou, non pas se soumettre, mais définitivement capituler, non seulement devant le chantage social revêtu des atours de la beauté du diable, mais surtout devant l’avancée inexorable de l’âge et de la décrépitude.

Soumission pourrait évoquer la phrase de René Char « la lucidité est la blessure la plus proche du soleil » si le machisme totalitaire qui en fait la trame ne révélait en creux l’absence de l’avenir de l’homme : la femme, donneuse de sens, juive, échappée, disparue vers une hypothétique terre promise.

Image : Americ Gothic par AI

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