A la une du blog (SF)

A ne pas louper

Posté le 08 Novembre 2012
Tags : cinema, SF, paradoxe temporel, Hooper



Bon, j'avoue, je ne me suis pas foulé, c'est une blague de fin de semaine.
J'aurais pu intituler ce post "il faut tuer le père".

L'image n'est pas extraite de l'exposition Edward Hopper (pour le coup, l'analogie est involontaire, c'est de la lumière dont je parle et c'est ce qui m'inspire chez ce peintre américain qui est l'un de mes préférés) mais de LOOPER que je vous recommande. Si vous aimez la SF, ne le manquez pas.

Avec de subtiles références à "Terminator" (l'héroïne s'appelle Sarah), à "l'armée des douze singes" (déjà Bruce Willis dans une boucle temporelle où il rencontre la femme qui hante ses rêves), à l' "associé du diable" et même à la dernière scène de "la fureur de vaincre" pour les aficionados de l'autre Bruce*, l'intrigue est méticuleusement ficelée et le montage ne laisse littéralement pas une minute de répit.
Le héros doit s'éliminer lui-même pour survivre : celui qui veut sauver sa vie la perdra (Mt 10,39; 16,25; Mc 8,35; Lc 9,24; 17,33). De fait, il doit exécuter son double expédié du futur mais, ce dernier restant inexplicablement rétif, ça ne va pas se passer tout à fait comme prévu.
La rédemption viendra s'interposer in extremis dans la spirale désespérée de l'ultra-violence.

*(Lee)
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Souvenir total : encore plus loin dans le futur

Posté le 19 Janvier 2013
Tags : Cinéma, SF, Philip K Dick



Hier soir, nous avons revu Total Recall.
Pour ceux qui aiment l'ambiance de la SF, la nouvelle mouture de la short story de Philip K Dick est un régal. On plonge dans un scénario qui mêle les références au premier Total recall à une immersion dans un incroyable univers futuriste au croisement entre Blade Runner (les profondeurs de la ville chinoise), Minority report (un autre scénario de PKD, comme Blade Runner d'ailleurs), le cinquième élément (la navigation dans la troisième dimension), Cube (la course poursuite dans l'incroyable réseau d'ascenseurs orthogonaux), L'attaque des clones ou I robot (les hordes de synthétiques plus vrais que nature)...
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Faut-il aller voir Snowpiercing ?

Posté le 15 Novembre 2013
Tags : Cinéma, politique, riches, pauvres, société, Marx, SF, BD



Il ne s'agit pas d'une nouvelle mutilation adolescente - et d'ailleurs, c'est snowpiercer - mais de l'adaptation par Bong Joon-ho au grand écran de la BD post-apocalyptique "Le Transperceneige" (par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette), publiée entre le 1er octobre 1982 et le 1er juin 1983 dans le magazine À suivre.

Les moyens actuels de l'imagerie numérique rendent aussi ahurissantes que celles de "Gravity" les scènes de ce film de politique fiction qui est surtout intéressant par son allégorie cinématographique des théories de Marx.

Alors que la lutte des classes est symbolisée par l'inégalité de l'accès à la longévité dans "Time out", à une culture interdite au vulgaire dans "Equilibrium", ou à la santé dans "Elysium", le scénario de Snowpiercer compartimente les castes dans un immense train-univers au sein duquel survit le reste d'une humanité exterminée par une catastrophe écologique.

Le contraste entre les êtres qui survivent en queue de train (mais on retrouve la stratification sociale matérialisée par les ponts en mille-feuille de "Titanic") et l'univers absurde et cynique des privilégiés de l'avant donne lieu à des scènes d'anthologie complètement décalées qui, à elles seules, valent le détour.

Qu'on plébiscite ou qu'on exècre le genre, on peut envisager l'ensemble de ces œuvres de SF comme un tout, une critique jamais vraiment hors-sujet des inégalités sociales inhérentes à l'homme, pas vraiment différentes au temps des oligarques de celui des pharaons, même si une récente étude dément l'échec social du gouvernement de gauche que la France versatile et râleuse a malgré tout amenée au pouvoir.
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Ghost

Posté le 22 Novembre 2014
Tags : Cinéma, SF, relativité, Théorie des cordes, temps, trou de ver



Encore un blockbuster américain, Certes.

On est loin de Lars von Trier ou de "Kennedy et moi" (Kennedy émoi ? dirait mon psychanalyste).

Encore un film apocalyptique (mais on est loin d'apocalypto), un peu dans la lignée d'Armageddon.

Mais Interstellar tombe à pic entre les catastrophes induites par le réchauffement climatique et l'exploit de la sonde Philae (RIP...) qui est allée se balader à quelque 3 unités astronomiques (excusez du peu) pour humer l'atmosphère de la comète Tchouri (mais où vont ils chercher ces noms ?).

Et puis c'est, quand même, Christopher Nolan (Mémento, Inception).

Le pitch ce n'est pas tant la possibilité d'émigrer loin, très loin de notre pauvre vieille planète usée, archiusée, ravagée par notre gaspillage, notre incurie, nos folies, mais la puissance de l'amour qui transcende les dimensions et particulièrement le temps ("le temps, c'est de l'amour"). Amour entre un père et sa fille (avec ce qu'il comporte de difficultés, de disputes, d'incompréhension, de reproches, on en parlait déjà dans Armageddon).

Boucle dans le temps comme dans "L'armée des douze singes", trous noirs, trous de vers, une lumineuse explication de ce en quoi consiste "replier l'espace" (Dune) et une fascinante mise en abime de ce que pourrait être la perception d'une cinquième dimension. Si vous restez, comme moi, scotchés, je vous recommande deux livres connexes : "L'univers chiffonné" et "L'univers élégant" qui traitent de la topologie de l'espace et de la théorie des cordes, les spéculations mathématiques qui espèrent réunir en une théorie du "tout", les concepts quantiques et ceux de la relativité.

Bref, Interstellar nous plait, parce qu'on ne perçoit pas sa dimension temporelle (3 heures, mesdames et messieurs), qu'on a sa petite larme comme savent nous la soutirer les américains dans L'Etrange histoire de Benjamin Button ou IA, et une leçon de science qui nous ferait pour un peu nous sentir plus intelligents.


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AI

Posté le 03 Octobre 2016
Tags : Alan Turing, intelligence artificielle, homosexualité, anticipation, SF



L’émouvant film de Steven Spielberg (à côté de celle du jeune héros, enfant robot conçu pour aimer, l’interprétation stupéfiante de Jude Law en gigolo cybernétique) est repassé récemment à la télévision; les derniers grands rassemblements informatiques s’enthousiasment pour la réalité virtuelle, les voitures commencent à conduire toutes seules… Alors qu’il se réchauffe dangereusement, qu’éléphants, gorilles et baleines s’éteignent peu à peu, le monde est en train de basculer dans le numérique, le GPS et la WIFI ubiquitaires, l’impression 3D, les premières prothèses électroniques intelligentes.

Mais qui se souvient d’Alan Mathison Turing, Icare brisé par l’ostracisme d’une société d’après-guerre obsédée par la même chasse aux sorcières qui détruisit un autre homosexuel de génie, Oscar Wilde ? Il est d’ailleurs troublant que Turing, né avec le naufrage du Titanic (1912), ait croqué sa pomme empoisonnée au cyanure juste un siècle (1954) après la naissance de Wilde (1854).

David Lagercrantz, le journaliste qui a donné avec maestria un 4ème volet à la série de Stieg Larsson, prématurément disparu avant la publication du tome 3 de Millenium, a publié en 2009 un roman passionnant aux allures de thriller sur le suicide de Turing. Actes Sud vient de l’éditer en français et je vous le recommande.

Un peu à la façon de « l’amour au temps du choléra » de notre regretté Gabo, cette biographie romancée commence par une odeur d’amande amère, faisant de cette enquête imaginaire, une autre « Chronique d’une mort annoncée ».

On y redécouvre Le Turing de « Imitation Game », à la limite du syndrome d’Asperger, doublement contraint à la clandestinité par la condamnation infamante de son homosexualité et l’impossibilité de se réclamer de ce qui lui aurait valu la gloire s’il ne s’était agi de la seconde guerre mondiale : avoir brisé le code de la machine Enigma par laquelle les nazis transmettaient tous leurs messages secrets.

Turing jeta les bases de l’intelligence artificielle qui nous préoccupe tant aujourd’hui. En témoignent les autres films d’anticipation : « Her », « Automata », « Ex machina »… qui, plus subtilement que « Terminator », posent clairement le problème : si l’homme peut inventer une machine qui pense, où s’arrêtera-t-elle ?
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