A la une du blog (Riches)

Parfois je m’interroge…

Posté le 07 Octobre 2012
Tags : riches, pauvres, société



… à propos de ces pauvres français qui n’engrangent jamais qu’un peu plus de cinquante fois le salaire moyen de leurs concitoyens (ça doit aller chercher chaque année quelque chose comme un bon siècle de SMIC) et que François Hollande veut taxer à 75%. Parait qu'il vont devoir se serrer la ceinture... Ou encore ces malheureux geonpi créateurs d’emplois qu’un prélèvement confiscatoire sur leurs plus-values va décourager désormais d’entreprendre. Qu’est ce qu’ils vont s’emmerder quand ils retourneront travailler à l’usine. Tous ces honnêtes gens qui travaillent cent fois plus ou cent fois mieux que les autres, enfin qui travaillent, et qui sont - c’est vrai - bien plus talentueux que le commun des mortels. Mais enfin, les fées, quand elles se sont penchées sur leur berceau, elles n’y sont pas allées comme pour d’autres, avec le dos de la cuillère.

Enfin, (bref) parfois, je m’interroge…

9 pages d’un dossier instructif


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Les affaires sont les affaires...

Posté le 13 Octobre 2012
Tags : Renault, suicide, société, riches, CAC40



Alors voilà, moi, j'ai une Renault Espace, et j'adore ça.
Quand ma Renault Espace sera trop vieille (elle affiche 192000 km au compteur...)
j'aimerais bien m'acheter une Mégane 2012, pourquoi pas un coupé : il a fière allure.
Et c'est vrai que mon cœur me porterait à acheter français.
Je ne vois pas comment la France s'en sortirait sinon.
Mais Renault, ben... 20% de véhicules fabriqués en France, ce n'est pas si mal.
Et la direction est assez respectueuse de ses employés, dans le fond...
Bref, j'ai envie d'un coupé Mégane,
il paraît qu'il est bien.

http://www.flickr.com/photos/georges_mion/7931899578/in/set-72157631441311506
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Un autre Hors-Série, cette fois sur l'argent

Posté le 25 Octobre 2012
Tags : argent, finance, riches, oligarchie, société



Le nouvel Obs vient de sortir un hors-série qui analyse les liens millénaires entre le pouvoir et l'argent.
Il remonte à la Mésopotamie, l'empire romain, en traversant la saga des grands argentiers jusqu'à la grande crise que la dérégulation de la finance internationale a provoqué.

Dans "La République", Platon nous sert une piquante image pour introduire notre propos...
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Armageddon

Posté le 23 Décembre 2012
Tags : Apocalypse, 1789, Crise, Théorie du chaos, riches, pauvres



Alors qu'une fois de plus, l’apocalypse n'a pas eu lieu le 21/12, l'affaire Depardieu fait couler
beaucoup d'encre ("faut dire" que l'affaire DSK étant presque enterrée...), et inventer par certains
un nouveau point Godwin, cette fois pointé vers une autre fin de monde : 1789 .

Je me suis amusé à compiler quelques courbes (travers de scientifique en mal de médecine dite factuelle) qui sont autant d'indicateurs de ce qui, de mon humble avis, n'est guère une crise,
mais un changement mondial de paradigme.

Il va falloir s'y habituer, et ceux qui parlent de sortie de crise feraient mieux de jeter un œil sur la théorie du chaos. La surchauffe, non seulement du climat, mais de l'économie mondiale, va créer (enfin, crée) des vortex que l'humanité ne maitrisera pas forcément.

Pour en revenir à 1789, dont le souvenir des sanglants épisodes semble tellement terrifier
madame Parisot, un certain nombre d'événements aléatoires qui s’accumulaient depuis l'invention
de la monarchie absolue par les ancêtres de Louis XVI, a bien eu un "effet papillon".
Le malheureux bouc émissaire n'avait pas vu, ou voulu voir venir, ce qu'il prit pour une révolte
et qui s'est avéré une révolution.

Les ingrédients étaient pourtant en place lors de la réunion des états généraux :
un peuple affamé, une classe d'oligarques pétés de thunes, déconnectés de la misère ambiante,
qui refusaient de contribuer au sauvetage des finances d'un état au bord de la faillite et finalement, des gens en colère.

Effectivement, on pourrait discerner quelques similitudes.
Finalement, la patronne du Médef n'est peut être pas si bête...

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Faut-il aller voir Snowpiercing ?

Posté le 15 Novembre 2013
Tags : Cinéma, politique, riches, pauvres, société, Marx, SF, BD



Il ne s'agit pas d'une nouvelle mutilation adolescente - et d'ailleurs, c'est snowpiercer - mais de l'adaptation par Bong Joon-ho au grand écran de la BD post-apocalyptique "Le Transperceneige" (par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette), publiée entre le 1er octobre 1982 et le 1er juin 1983 dans le magazine À suivre.

Les moyens actuels de l'imagerie numérique rendent aussi ahurissantes que celles de "Gravity" les scènes de ce film de politique fiction qui est surtout intéressant par son allégorie cinématographique des théories de Marx.

Alors que la lutte des classes est symbolisée par l'inégalité de l'accès à la longévité dans "Time out", à une culture interdite au vulgaire dans "Equilibrium", ou à la santé dans "Elysium", le scénario de Snowpiercer compartimente les castes dans un immense train-univers au sein duquel survit le reste d'une humanité exterminée par une catastrophe écologique.

Le contraste entre les êtres qui survivent en queue de train (mais on retrouve la stratification sociale matérialisée par les ponts en mille-feuille de "Titanic") et l'univers absurde et cynique des privilégiés de l'avant donne lieu à des scènes d'anthologie complètement décalées qui, à elles seules, valent le détour.

Qu'on plébiscite ou qu'on exècre le genre, on peut envisager l'ensemble de ces œuvres de SF comme un tout, une critique jamais vraiment hors-sujet des inégalités sociales inhérentes à l'homme, pas vraiment différentes au temps des oligarques de celui des pharaons, même si une récente étude dément l'échec social du gouvernement de gauche que la France versatile et râleuse a malgré tout amenée au pouvoir.
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Petit traité de la décroissance sereine

Posté le 31 Mai 2015
Tags : Décroissance, planète, société, riches, pauvres, oligarchie



Celui qui croit qu'une croissance infinie est possible dans un monde fini
est soit un fou, soit un économiste. (Kenneth Boulding)

Je vous engage à lire ce petit opuscule qui tient dans la poche d'un voyageur tassé comme une sardine dans un wagon du métropolitain parisien.

Il met factuellement en équation ce que Hervé Kempf dénonçait dans "comment les riches détruisent la planète" et qu'une compilation de textes édifiants intitulée "Pour en finir avec les riches (et les pauvres)" publiée en 2010 par le collectif "Mouvements" explicitait de façon tout aussi lumineuse.

De gauche comme de droite, nos dirigeants n'ont qu'un mot à la bouche : "croissance". Le veau d'or de notre structure sociale de moins en moins démocratique, de plus en plus oligarchique et, sans aucun doute, comparable à l'insubmersible Titanic fonçant avec insouciance vers son iceberg attitré.
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alpha = r x bêta, sachant que bêta = s/g

Posté le 08 Novembre 2015
Tags : économie, Piketty, richesse, inégalité



je suis en train de le lire pour vous, petits veinards.
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Egalités

Posté le 01 Décembre 2015
Tags : Piketty, économie, politique, richesse, inégalité, croissance, oligarchie



Le Piketty m’est dégringolé dessus comme un pavé. Quatre cm d’épaisseur et pas loin de 1000 pages : c’est l’inconvénient de commander un livre en ligne, on n’en voit pas la tranche. Piketty peut se prévaloir de la minutieuse et jamais égalée accumulation d’un very big data sur les salaires perçus et le capital accumulé dans le monde entier depuis trois siècles.

Pas si indigeste que ça, in fine. Ne serait-ce sa densité respectable on croirait feuilleter un manuel d’économie pour les nuls. En commençant par le b-a-ba et en rappelant avec patience et pédagogie, chapitre après chapitre, les acquis des pages précédentes, Piketty expose de façon lumineuse ce qu’on appelle revenu national (p 78) ou rapport capital/revenu (p 89). On apprend tout sur le taux de croissance de la population mondiale, celui de la production correspondante (p 106 et 168), les effets de l’inflation (p 177).

Au passage, les data tordent le cou à des fantasmes : non, la France n’appartient ni aux chinois, ni aux émirs du Golfe. En fait, les possessions des étrangers en France sont contrebalancées par celles des français à l’étranger.

En ce qui concerne la richesse publique, François Fillon a l’excuse de s’être exprimé un peu tôt : s’il avait eu il y a quelques années ce monument à portée de main, il ne serait pas allé nous balancer qu’il prenait la tête d’un état en faillite (c’est sa tête qui était en état de faillite). En effet, dette publique et possessions de l’état s’équilibrent exactement, de sorte que la richesse publique n’est pas dans le rouge, même si elle n’est pas loin de zéro, ce qui est le cas des états riches qu’on prétend nous donner en modèles (l’Allemagne rigoureusement à zéro de capital public en 2010, p 228 : actifs et dettes représentent un an de revenu national). Emprunter ce qu’on a, ce n’est quand même pas la fin des haricots.

Ce n’est pas le cas du capital privé : on apprend ainsi que dans les pays riches comme le nôtre, en 2010, les habitants ont en moyenne accumulé plusieurs années de revenu : quatre ans pour l’Allemagne, cinq ans au royaume uni, six pour le patrimoine des français (p 230). Comme on le voit, « c’est pas » la faillite ou comme dirait le père Pedro Opeka (parlant des ouailles dont il prend soin à Madagascar), si vous pensez que vous êtes en crise, alors quel mot faudrait-il inventer pour décrire la misère qui est la nôtre ?

La seconde partie du pavé se concentre sur, justement… la concentration des richesses.

Sous l’ancien régime, 98% des français ne possédaient rien, et 2% pratiquement tout. En 1789, le peuple mourrait de faim et ce ne sont pas seulement les lumières qui ont engendré la révolution et l’abolition des privilèges. Ce ne sont en effet pas les riches qui posent problème (les patriciens assuraient au peuple du pain et des jeux), mais … les pauvres. Quand une masse suffisante de la population est misérable et n’a plus rien à perdre, rien n’empêche plus l’explosion et la chute des têtes. Cependant, si la révolution a prétendu abolir les privilèges et proclamer l’égalité, le fait est qu’au décours de la révolution industrielle, la situation n’était guère différente, avec une concentration des richesses absolument extrême chez une petite caste de privilégiés. En 1910, le dixième décile (les 10% les plus riches) accaparait 90% des richesses en France (pratiquement 60% pour le centile du haut, p 542). La « belle époque » l’était surtout pour ces happy few ou comme aurait dit Coluche, certains sont … plus égaux que d’autres.

Le XXème siècle a apporté un changement radical dans la répartition des richesses : les deux guerres ont changé la donne et fait apparaitre un phénomène nouveau et fondamental, avec un effondrement des patrimoines puis une croissance (reconstruction) considérable pendant la période dite des trente glorieuses. Page 234, un éloquent graphique montre le coup de hache (courbe en U) que se sont infligés les capitaux des nations au décours des deux guerres mondiales. Entre 1870 et 1950, ce sont quatre années d’accumulation sur sept qui sont parties en fumée. Le capital européen n’a pas retrouvé à ce jour le niveau qu’il avait avant 1914.

Ces phénomènes ont permis l’apparition d’une classe moyenne qui a pu s’arroger une partie de la richesse nationale accaparée sous l’ancien régime puis à la belle époque par les privilégiés. A l’heure actuelle, le dixième décile (P10 ou les 10% les plus riches) possède en France encore 60% (quand même) de la richesse nationale. Un coup d’œil à la loupe révèle que parmi ces P10, le premier centile (les 1% les plus riches) qui thésaurisait 60% des patrimoines en 1910 en possède 25% en 2010. Certes, la part des 50% les plus pauvres n’a guère évolué : elle reste inférieure à 5% de la richesse nationale (p 546). Mais les « 40% du milieu » ont récupéré le reste : 35%. On pourrait rêver mieux comme démocratie, mais c’est « moins pire » qu’au cours des siècles précédents. Par ailleurs, aux esprits réactionnaires qui prétendent qu’ "appauvrir" les riches n'enrichira pas les pauvres, ces chiffres répondent qu'un peu de redistribution ne fait pas de mal.

Toutefois, depuis les années 70, le capital se reconstitue à la vitesse grand « v » et avec une véritable frénésie depuis les années 90. L’évolution « naturelle » de la croissance ne peut se stabiliser qu’à la baisse (n’oublions pas qu’elle a été inférieure à 1% avant le 19ème siècle et depuis la nuit des temps et qu’actuellement nous avons tellement entamé la planète que tabler sur une augmentation globale de la croissance est purement suicidaire à moyen terme). Les taux à deux chiffres sont des épiphénomènes de pays émergents en phase de rattrapage. Or, la différence (r>g) entre rendement (r) du capital (5% en moyenne) et croissance (g = 1% à l’équilibre) aboutit mé-ca-ni-que-ment (p 578) à la concentration d’une richesse sidérale dans les seules mains de ceux qui possèdent le capital : typiquement, si aucun mécanisme ne vient contrecarrer ce processus, 90% des richesses se concentreront chez le décile supérieur dont 50% pour le centile du haut. La réalité est que plus le capital est important, plus son rendement l’est aussi. Par exemple, les placements des plus grandes universités américaines (Harvard, Yale, Princeton qui possèdent entre 15 et 30 milliards de dollars de dotation) ont rapporté en moyenne plus de 10% par an au cours des trente dernières années (rendements du capital nets, déduits de tout travail et de toute imposition).
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Irrespirable

Posté le 08 Décembre 2015
Tags : Politique, FN, Piketty, riches, pauvres, égalité, démocratie, oligarchie, pétrôle



On se demande où l’air est devenu le plus irrespirable. A Pékin, submergé sous
l’ « airpocalypse » ou en France quand un votant sur trois vient de se prononcer en faveur du FN ?

A y regarder de près, ce sont les hommes les plus jeunes, les moins éduqués et surtout les moins rétribués ou les plus au chômage qui ont voté Front National. On pourrait faire le parallèle (en plein scandale de la FIFA) avec les amateurs de foot qui vont acquérir des billets hors de prix pour regarder jouer « les bleus » : ce sont des chômeurs et des smicards qui payent des millionnaires… Le FN, dont les plus jeunes, épargnés par les souvenirs méphitiques de la dernière guerre et de la guerre d’Algérie sont les prosélytes, veulent croire les discours de Marine Le Pen qui prétend que les déboires des français viennent de l’état social (mais Nicolas Sarkozy qui veut remettre les « assistés » au travail n’est dans le fond pas très différent) et des immigrés. La réalité, c’est que par exemple à Paris, les achats étrangers ne rendent compte que de 3% de l’augmentation vertigineuses des prix, ce qui veut dire que ce sont des français qui tirent les prix vers le haut (Piketty P 742).

La vraie fracture, que la France d’en bas ignore et que celle d’en haut camoufle, c’est que les richesses, en France moins qu’en Amérique certes, mais dans une proportion quand même très significative, ne sont pas distribuées aux étrangers et aux chômeurs, mais sont confisquées par les P10 (les 10% les plus riches qui cumulent 60% de la richesse patrimoniale française) et surtout les P1 (les 1% qui possèdent un quart de la richesse nationale).

Je doute que l’éviction des étrangers change grand-chose au taux de chômage en France ni n’enrichisse ces 50% de français qui possèdent moins de 5% de la richesse de notre (encore) beau pays. De même, faire sécession d’avec cette Europe si dure à bâtir sur les ruines des deux guerres mondiales, n’améliorera ni la sécurité ni la richesse de la France.

C’est par désespoir, colère mais surtout par peur (fear is the mother of violence) que cette France fragilisée, ou plutôt abandonnée des élites et des promesses, se jette dans un pacte faustien. Attention, quand le FN, comme nos autres gouvernants, aura échoué, Méphisto reviendra réclamer son dû.

Piketty fait pourtant la démonstration lumineuse que la seule barrière contre l’accumulation ad nauseam des richesses est le retour à une fiscalité qui n’a pas été inventée par le parti communiste, mais par Roosevelt qui, dans la crise des années 30, avait décrété une tranche marginale d’imposition confiscatoire : 80% sur les bénéfices les plus élevés. C’est ce qu’avait promis François Hollande (75% sur la tranche supérieure à 1 million d’euros). C’est en ce sens que la France du bas peut se sentir trahie, et par Sarkozy (dont les conférences se rémunèrent en centaines de milliers d’euros) qui avait promis d’en finir avec les paradis fiscaux et par la gauche qui a certes fait de timides progrès dans le plafonnement des loyers, ou le développement de logements sociaux, mais qui reste très en dessous de ce que précisément, ces jeunes hommes sans avenir auraient pu espérer. Or, Piketty (toujours lui !) montre comment les rémunérations stratosphériques des dirigeants ont pris leur essor avec la diminution de la tranche marginale d'imposition et non, comme on cherche à nous le faire croire, par une mise en concurrence des plus méritants. Les parachutes dorés ne récompensent pas les meilleurs gestionnaires, mais les meilleurs négociateurs de leurs intérêts propres.

Jusqu’en 1910 dans le monde, le taux d’imposition du capital était proche de zéro (1-2% pendant la révolution, approchant de 10% en 1910, "Pik" page 757). A partir des années 50, et devant l’ampleur de la ruine mondiale, il s’était établi aux alentours de 30%. Le problème actuel est bien entendu la concurrence fiscale entre les états (dont les fameux paradis fiscaux). La part des prélèvements par rapport au revenu national est actuellement de 55% en Suède, 50% en France, 40% au Royaume Uni et seulement 30% aux USA. Or, cette moitié en France n’est pas volée aux contribuables : elle a permis, après la guerre, la création d’un état social. Education, santé, retraites, routes... Il n’est qu’à comparer ce que nous offre notre pays avec les autres états occidentaux pour en prendre conscience. Allez rouler (sans limites de vitesse) sur les autoroutes allemandes, ou vous faire soigner à New-York, vous comprendrez la différence. Quant aux minima sociaux, n’en déplaise à M Sarkozy, ils ne représentent que 1% du revenu national (Pik p 764).

Depuis les années 70, quand le pétrole tant convoité que les nations occidentales se procuraient pour presque rien, est devenu subitement une denrée chère, on nous rebat les oreilles avec la crise. La vérité est que nos pays sont immensément riches (mais de moins en moins égalitaires). Les ménages européens possèdent 70 milliards d’euros (Pik p 741). Les fonds de pension - qui nous font si peur - ne représentent que 1,5% de la richesse mondiale, les milliardaires également 1,5%. En revanche, le risque de divergence oligarchique est réel : véritable « énergie noire », au moins 10% des capitaux mondiaux sont subtilisés dans les paradis fiscaux (Pik p 746). La vraie menace, c’est la perte de souveraineté démocratique quand il est devenu impossible pour un gouvernement isolé de réguler, ou d’imposer une concurrence fiscale. La sortie de l’Europe que prône le FN affaiblira encore davantage la possibilité de contrôler cet argent fou.

Ainsi, Pékin étouffant sous l’oxyde azoté pendant la COP21 (un message d’en haut ?), Platini se débattant dans le scandale de la FIFA, Donald Trump (« trompe » ?) qui appelle au refoulement des musulmans hors de la terre d’accueil américaine, l’émergence d’un terrorisme mondialisé par un califat islamique financé par l’or noir et le vote massif Front National ne peuvent être considérés comme des entités totalement déconnectées.

Piketty veut croire en une régulation mondiale (qu’on pourrait nommer « égalité » peut-être ?) de la répartition des richesses, au travers d’un impôt progressif et coopératif sur le patrimoine. La paix et la justice, n’en déplaise aux va-t-en guerre de tout poil, ne s’instaurera dans un monde futur pas si utopique que cela si on compare notre époque relativement bénie aux génocides habituels des derniers millénaires, qu’avec une répartition honorable des biens d’une planète qui appartient à tous les hommes (ou à personne en particulier) et dont nous ne sommes jamais, pour une période assez brève somme toute, que locataires.
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Primaire

Posté le 14 Octobre 2016
Tags : Poisson, politique, primaire, primaires, droite, riches, pauvres, fiscalité



Le grand gagnant, c'est poisson : personne ne le connaissait, il vient de faire son apparition pour 5 ou 6 millions de téléspectateurs. Lemaire faisait petit garçon, Sarko hypercrispé, Fillon peine à convaincre, Copé n'a pas fait grand chose mais donnait le sentiment de prendre sa revanche même si Sarko a essayé de lui clouer le bec. J'ai trouvé NKM fraiche et la seule à proposer quelque chose d'original même si elle aussi fait petite fille égarée dans la cour des coqs.

Finalement, Juppé a conservé son avance, sans prendre de grands risques, mais je me demande pourquoi la grande masse des français, avec un salaire médian de 2000 euros va voter pour lui (ou la droite dont le programme libéral n'est de toute façon pas très différent) quand il nous promet(tent) de diminuer les indemnités chômage, de passer aux 37 ou 39 heures et d'allonger la vie de travail jusqu'à 65 ans en faisant des cadeaux fiscaux aux riches. Sans compter la diminution du nombre de prof, de médecins et d'infirmières, etc... puisqu'ils veulent supprimer 500 000 fonctionnaires sans toucher aux forces de l'ordre.

Par ailleurs prétendre que les français travaillent moins que les autres et saccager notre modèle social m'agace toujours un peu.

Le problème, c'est que les pauvres votent à droite parce qu'ils ont peur d'être déclassés par ceux qui sont encore plus pauvres qu'eux et fantasment toujours sur une hypothétique ascension sociale.

Seulement, l'ascenseur est en panne, et les inégalités se creusent et se creuseront.
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