A la une du blog (Litterature)

Les malicieux délires de Mendoza

Posté le 19 Janvier 2014
Tags : Mendoza, litterature, Jésus



Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus

Le talentueux auteur de "la ville des prodiges", exubérante chronique d'une Barcelone fabuleuse, a encore frappé. Aux carrefours des Monty Pythons lorsqu'ils mettent à sac la légende du roi Arthur et récidivent avec "La vie de Brian" ou de Cavanna dans ses "écritures", avec un ton que Woody Allen ne désavouerait indubitablement pas, Eduardo Mendoza revisite la "genèse du nouveau testament".

Le pitch de ce polar irrespectueux démarre à Nazareth : le charpentier, Joseph, est accusé du meurtre crapuleux d'un de ses clients, richissime, avec lequel il semble avoir entretenu d'obscurs engagements. Obstacle à sa crucifixion : c'est lui qui fabrique les croix...

Jésus son jeune, mais ô combien perspicace rejeton, charge Pomponius Flatus, un antihéros comme les chérit Mendoza, qui promène ses flatulences d'un bout à l'autre de ce qui deviendra grâce à lui peut être la chrétienté, de tirer son père adoptif de ce "mauvais pas".

S'en suit une intrigue délirante dans laquelle seront peu à peu dévoilées les origines de la vocation de Jésus, jusqu'à sa romantique (Rome antique ?) rencontre avec la future Marie Madeleine.

A lire d'urgence ou à jeter dans la géhenne !
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“Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges.” (Friedrich Nietzsche)

Posté le 27 Octobre 2016
Tags : Zweig, Erasme, Castellion, Réforme, Renaissance, Histoire, biographie, litterature, fanatisme



Stephan Zweig s’endormit aux côtés de sa femme Lotte le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil où il s’était réfugié en 1936. Consterné par le saccage de sa culture germanique et par le suicide de l’Europe, il avait préféré quitter ce monde par la grâce des barbituriques plutôt que d’assister impuissant au désastre.

Il rédigea Érasme en 1934 et Conscience contre violence en 1936.

Ces deux biographies prémonitoires du choix qu’il fera en 1942 sont, hélas, plus que jamais d’actualité. Elles dénoncent la tyrannie du fanatisme. Erasme parle autant du grand humaniste de Rotterdam, à l’équanimité duquel Zweig adhérait viscéralement, que de son antithèse, le sanguin et despotique Martin Luther. De même, Conscience contre violence narre le combat de Castellion contre le machiavélique Calvin.

Ces deux livres écrits pendant la montée du nazisme, disent le crime contre la liberté que représente le fanatisme, le silence des masses devant l’injustice et le sacrifice de ceux qui dénoncent l’insupportable, précurseurs des lanceurs d’alerte d’aujourd’hui. Ils sont une vraie méditation sur la nature de la vérité, le courage et la fidélité à soi même.

A lire de toute urgence...
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Vent d’Est, vent d’Ouest

Posté le 05 Mars 2017
Tags : Litterature, Policier, Polar, Ian Manook, Peter May, Chine, Pékin, Shanghai



Tout d’abord rebuté (effrayé) par des quatrièmes de couverture abomifreuses, où il est question de tueurs en série et de collections de femmes démembrées, j’ai fini par me laisser tenter par la série chinoise en échangeant avec une bibliophile de rencontre des impressions de polars qui nous avaient enthousiasmés. Je lui recommandai l’exceptionnel Yeruldelgger, de Ian Manook, savoureux polar à la sauce mongole ; elle réussit à me convaincre que non seulement l’intrigue de Peter May allait me tenir en haleine jusqu’à la dernière page, mais que j’y gagnerais un voyage dans le Pékin labyrinthique de l’auteur.

Je me délecte du troisième tome et j’avoue que l’improbable tandem Li Yan - Margaret Campbell est à la hauteur des promesses qui m’ont été faites. Lui, susceptible, méticuleux, pointilleux même, pétri des valeurs ancestrales d’une Chine traditionnelle et des principes avunculaires selon lesquels le diable se cache dans le détail ; elle, légiste américaine aussi perfectionniste dans sa fréquentation des morts qu’elle dissèque avec jubilation en exorcisant ses démons intérieurs. On s’en doute, la rencontre entre la rousse incendiaire aux magnifiques yeux bleus et l’athlétique policier chinois d’un mètre quatre-vingt n’est pas de tout repos, plutôt explosive même.

La trame, qui se délecte de macabre, nous entraine dans les méandres de Pékin et de Shanghai, entre modernité et tradition, ruelles labyrinthiques et gratte-ciels gigantesques, séquelles de la révolution culturelle et formalisme des rapports sociaux, corruption au plus haut niveau et cuisine chinoise. Vous allez adorer.

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