A la une du blog (Insecte)

Alors voila, je me suis mis au stacking...

Posté le 13 Septembre 2012
Tags : insecte, charençon, focus stacking, macrophoto



Mon premier stack : Rhynchophorus ferrugineus
Focus bracketing de 11 images (assemblées par Combine ZM): le jeu consiste a prendre une série d'images identiques d'un sujet qu'on grossit fortement (macrophotographie), à ceci près que la mise au point est décalée, en gros de mm en mm. Un logiciel assemble ces images en n'en conservant que les plans nets. Ce procédé astucieux pallie l'insuffisance de profondeur de champ qui est le principal obstacle en macro, même si la mise en valeur du flou (bokey) en est aussi un des principaux attraits. Enfin, faites vous une idée vous même en allant regarder ou commenter les images...

Canon EOS 600D
100 mm macro F 2,8 Canon en focus manuel
200 ASA F/11 1/5s, flash et réflecteurs sur fond blanc

Gommer les poussières et l'épingle entomologique
m'a pris également pas mal de temps...

L'aventure continue sur FlickR
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Un autre charançon

Posté le 18 Septembre 2012
Tags : insecte, stack



Eupholus bennetti

Un autre Charançon, habitant la Nouvelle Guinée.
Stack de 17 images dans Combine ZM
Canon EOS 600D macro canon 100 mm F 2,8 + bague allonge
100 ASA, F/8 flash Macro twin lite en mode autoTTL
synchronisation à haute vitesse, miroir relevé, télécommande
Un important travail dans photoshop pour atténuer les halos
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Chrysalide

Posté le 21 Novembre 2012
Tags : métamorphose, Murakami, insecte, Giger



Je viens de finir de savourer le livre 2 de la trilogie de Haruki Murakami. Ces presque 500 pages qui semblent à l’achat une muraille sont tellement ciselées qu’on a l’impression de dévorer une nouvelle, d’autant que chaque fin de volume suscite la hâte de découvrir ce que nous concocte le suivant. 1Q84 entremêle deux réalités parallèles et deux récits qui convergent. Q comme question. 1Q84 diverge de 1984 par une fêlure subtile qui laisse au fantastique l’heur de s’introduire dans la crudité du réel, à la manière des apparitions du gitan Melquiades dans le récit de Gabriel Garcia Marquez.

Mais les deux vies de Tengo et Aomamé, entremêlées dans le fil du récit, convergent inexorablement l’une vers l’autre, parce que le destin les a promis l’un a l’autre depuis qu’un éphémère moment d’une force inouïe les a unis. A la fin du second livre, Aomamé découvre qu’il n’y a pas de porte de sortie à 1Q84. Point de fuite. Elle va choisir la seule issue qu’elle peut inventer, ce qui nous ramène à Looper et à l’associé du diable (infra dans ce blog).
Les mondes paraissent invaginés l’un dans l’autre, un peu comme dans l'univers-chiffonné de Jean-Pierre Luminet ou dans l’éternel retour de Nietzsche.

La porte entre ces deux univers est une chrysalide. Quelle parabole plus aiguë ? Il se trouve que ma passion de pré-adolescent résidait dans le monde des insectes, qui ne m’a jamais complètement quitté, part de jeunesse apte à préserver un regard d’adulte de toute désillusion. Cette fascination pour l’entomologie était issue d’abord de l’émerveillement pour leurs formes et leurs structures. Comme des fleurs des champs, le Christ aurait pu dire d’eux « même le roi Salomon dans toute sa splendeur n’a jamais été vêtu comme l’un d’entre eux ». Mais ce sont leurs mœurs si fantastiquement dévoilées par Jean Henri Casimir Fabre et Maurice Maeterlinck qui m’ont fait découvrir, selon les mots même de Claude Nuridsani et Marie Perennou (les auteurs de « Microcosmos ») la « planète des insectes », imperium in Imperio, qui a pu inspirer HG Wells pour ses sélénites, ou Bernard Werber pour ses fourmis. Un monde à l’image d’Alice au pays des merveilles, apparu bien avant les civilisations humaines.
Il y a de nombreuses années, j’avais découvert un cocon camouflé sur l’écorce d’un arbre dont il épousait exactement la texture. Avec un canif, j’avais voulu extraire la nymphe de sa chambre secrète, comme la momie royale attendant de renaître à une vie transcendante. Le scientifique perçait déjà en moi, l’homme de science, qui espère « soulever les jupes de l’univers ». Maladresse fatale, ma lame dérapa et transperça la chrysalide. J’eus l’extrême surprise d’y découvrir… le vide. Plus de chenille, pas encore d’imago. Les tissus du papillon s’étaient dissous en une liqueur mordorée comme de la chartreuse. La transformation de la larve en lumineux lépidoptère exigeait une refonte totale du plan, des désirs, de la logique. Une complète et exigeante métamorphose. Une vulnérabilité absolue pour passer de l’ombre à la lumière, de l’être rampant et glouton à l’ange buveur de nectar.
Le sens, la forme et l’intention naissent du vide. Ainsi que le scarabée considéré par les anciens égyptiens comme le patient démiurge qui fait tourner le monde, la chrysalide symbolise la naissance de l’univers à partir du vide quantique, juste avant que le boson de Higgs ne se mêle de la partie, pour conférer sa pesanteur au verbe.


L'image est la couverture de l'album Brain Salad Surgery d'Emerson Lake and Palmer,
conçue par HG Giger.
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La planète des insectes

Posté le 12 Octobre 2014
Tags : insectes, entomologie, Juvisy, Claude Nuridsany et Marie Pérennou, JH Fabre, M Maeterlinck



Comme l’an passé, je suis allé flâner fin septembre à la foire aux insectes internationale de Juvisy.

Qui diable peut donc bien fréquenter ce genre de manifestation ? Une foire aux insectes ! Internationale qui plus est. Peut être des cohortes de petits monstres qui brulent de rapporter chez eux des vers à soie ou, plus exotique, une grosse larve de Megasoma et, plus horrifique encore, une tarentule (énorme et vivante, ça va de soi). Et une foule d’amateurs, de collectionneurs de tous poils, de chasseurs paranoïaques, d’entomologistes distingués ou non, de naturalistes rêvant, comme le héros de Kobo Abe, d’accoler leur nom derrière la description d’une nouvelle espèce.

Les insectes sont en effets les champions, de l’adaptation certes, mais surtout de la diversité, au point qu’un nombre gigantesque d’espèces n’ont jamais été décrites, et disparaitront peut être dans les désastres écologiques qui menacent les grandes forêts primaires (celle de Bornéo n’est déjà plus qu’un triste souvenir, dont n’ont réchappé qu'une poignée d’Orang-outangs).

En France seulement, il y aurait plus de 30 000 espèces d’insectes, dont plus de 10 000 de coléoptères. Dans le monde, trois animaux sur quatre sont des insectes et on ne sait pas bien si la terre en abrite 4, 10 ou 100 millions d’espèces. Un quart sont des coléoptères.

Leur diversité morphologique est effarante, qui va du scarabée sacré des égyptiens, au Papilio antimachus, en passant par les ornithoptères de Nouvelle Guinée, les charançons, les ichneumons, les mantes, les capricornes, les buprestes, sans oublier les milliards d’insectes sociaux comme les fourmis dont la biomasse est égale ou supérieure à celle des humains.

Leur adaptabilité est extrême, et n’a rien à envier à celle des hommes (pourtant spécialistes de la non spécialisation). Sans parler de leurs métamorphoses, leurs mœurs sont fascinantes. Ils sont prédateurs, bousiers, herbivores, cultivateurs de champignons, éleveurs de pucerons, légionnaires, parasites, fabricants de miel, bâtisseurs de cathédrales, capables de parthénogenèse, de migrations intercontinentales, et de s’abattre par décret divin sur la terre des pharaons.

Ils nous ont précédés et nous survivront peut - être, si nous ne saccageons pas la planète avant ça.

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