A la une du blog (Disparition)

Gabriel Garcia Marquez a rejoint José Arcadio Buendia

Posté le 19 Avril 2014
Tags : Gabriel Garcia Marquez, disparition, Cent ans de solitude, Macondo, littérature



Comme le colonel Aureliano Buendia, aurais-je été victime d'une sombre prémonition, en commençant à relire Cent ans de solitude, alors que le patriarche entrait en agonie ? « Gabo », comme on le surnommait en Amérique latine, est mort chez lui à 87 ans, à Mexico jeudi 17 avril. Il luttait depuis plus d'une décennie contre la maladie.

Aîné d'une fratrie de onze enfants, Gabriel José de la Concordia Garcia Marquez naquit à Aracataca, le 6 mars 1927. GGM transfigurera ce village colombien perdu entre les marigots et les plaines poussiéreuses de la côte caraïbe, en Macondo, le village mythique de Cent ans de solitude, le grand roman publié en 1967. Sa maison y était à l'image de celle d'Ursula Iguaran, l'épouse fidèle et inoxydable de José Arcadio Buendia, une demeure sans cesse renaissante de sa propre histoire, ouverte et accueillante, lieu de vie et de passage, mais aussi emplie des fantômes qui hanteront l'œuvre qui vaudra à GGM le prix Nobel de littérature en 1982. Cent ans de solitude tournoie autour de ce lieu de légende, centre de Macondo, du marigot et, un peu comme la gare de Perpignan pour Dali, centre de l'univers. Les personnages et les situations sont nourris de son expérience réelle, comme les ravages de la guerre civile où ceux de la compagnie bananière.

Les grands romans sont Cent ans de solitude, l'automne du patriarche, la mala hora, chronique d'une mort annoncée, le général dans son labyrinthe, l'amour au temps du choléra, dont certains ont été adaptés au cinéma. Moins connu, un recueil des premières nouvelles : "des yeux de chien bleu", ésotérique, fantastique, presque gothique, dans lequel, comme dans toute l'œuvre ultérieure, la vie et la mort correspondent, s'imbriquent, se côtoient sans jamais s'exclure. On y retrouve des accents d'Edgar Poe, lorsqu'il relate "le cas de M Valdemar".

L'œuvre de GGM est riche, foisonnante, onirique, généreuse. Sa langue se mâche comme un bon sauternes, elle exprime la nostalgie, le surnaturel, le fantastique, l'épopée, mais aussi le passage du temps, qui, chez GGM, comme le constate Ursula, est "circulaire". C'est le mythe Nietzschéen de l'éternel retour : génération après génération, le même esprit s'incarne et se réincarne (dans deux lignées distinctes), comme dans la tétralogie de Mishima, dans le désert des tartares, ou le chef-d'œuvre de Kenji Nakagami, dont le titre fait comme un écho à celui de Marquez : Mille ans de plaisir...

GGM laisse un vide immense, à l'image du spectre géant de José Arcadio Buendia, mais son œuvre est éternelle, et ne demande qu'à se lire et se savourer pour nous tenir encore et encore en haleine ... pendant 100 ans.

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Une autre disparition : Giger le 12 mai 2014

Posté le 13 Mai 2014
Tags : Giger, disparition, Emerson Lake and Palmer, Brain Salad Surgery, Alien, Sigourney Weaver, Nécronomicon, Lovecraft



L'immense Hans Ruedi Giger a disparu.

J'avais découvert son sulfureux talent dans les années 70, au travers de la fascinante couverture du 33 tour "Brain Salad Surgery", qui contenait certains des morceaux parmi mes préférés du groupe britannique de rock progressif ELP (Emerson, Lake and Palmer) : Jerusalem, mais surtout : Still you turn me on, le chef d'œuvre de Greg Lake, également compositeur d'une ode au romantisme déchirant : C'est la vie.

Peu de temps après, HR Giger accédait à la notoriété par l'intermédiaire de la terrifiante créature, Alien, le "8ème passager" : incube invincible et récidivant qui sublima Sigourney Weaver dans une tétralogie qui devait à jamais changer notre perception de l'obscurité et des profondeurs de l'espace.

Giger, plasticien, peintre, poète maudit, névrosé de génie, c'est aussi celui qui fit s'incarner le Nécronomicon, l'ouvrage interdit de l'arabe dément Abdul Al Hazred, mentionné pour la première fois dans l'œuvre d'un autre aventurier de l'horreur gothique, Howard Philip Lovecraft, l'auteur de "Démons et merveilles".

Virtuose de l'aérographe, visionnaire, malade et torturé, Giger laisse une empreinte unique et indélébile dans le champ de la peinture fantastique.

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Le régiment part à l'aube

Posté le 17 Août 2014
Tags : Pierre Vassiliu, Chanson, disparition, Dino Buzzati



Titre d'un roman de Dino Buzzati, il symbolise la cohorte de ceux qui sont brutalement rappelés.

Cette fois, c'est Pierre Vassiliu qui nous quitte. Célèbre pour son tube narquois et irrévérencieux "qui c'est celui là", c'est surtout pour "La vie ça va" que je l'aimais.

Allez, ça va, on a dit qu´on faisait la fête
C´est ça, on oublie tout, on se fait tourner la tête
On s´arrange un peu, on se fait beau
Je m´recoiffe, je m´fais digne, je suis un vrai gringo
On dirait un champignon sous un sombrero

Quand la vie n´est pas jojo, vaut mieux la danser
Même faire n´importe quoi mais surtout danser
Moi ça me plaît, c´est comme ça, faut pas me briser les noix
Quand j´ai ma p´tite idée, c´est pas de la purée de poix

Depuis que je suis sur la Terre, pas très grand, déjà tout petit
Je planquais déjà mes arrières, tu crois ça
Car il faut se méfier dans ce beau métier-là

Refrain
La vie ça va, la vie ça va, la vie ça va, oh oh
La vie ça va, oh oh
La vie ça va, la vie ça va, la vie ça va, oh oh
La vie ça va, oh oh

Ah ce s´rait bien, ce s´rait beau d´pas trop s´en faire
Juste se dire qu´on pourrait parler aux Dieux
Leur dire: mais venez-donc, mes pépères sur la Terre
Voir le bordel, la misère, tous ces gamins qu´ont l´air vieux
Voir la patience, le courage qu´il nous faut pour être heureux

Quand la vie n´est pas jojo, vaut mieux la danser
Arracher sa liberté et puis la danser
Moi, ça me plaît, c´est comme ça, faut pas me briser les noix
Oubliés tous les cons qui vous font perdre la foi
Depuis que je traîne sur la Terre
On me dit toujours pas c´que j´fais là
Eh bien j´ai percé le mystère, je crois
Alors je pense à vous et je dors avec toi

Refrain

Allez ça va, on a dit qu´on faisait la fête
C´est ça, on oublie tout on se fait tourner la tête
On s´harnache un peu, on se fait beau
Je m´recoiffe et me poudre ma gueule de Pierrot
Tout blanc sur le dehors et noir sous le museau

Quand la vie n´est pas jojo, vaut mieux la danser
Même si je danse comme un barjot, c´est pour m´éclater
Moi ça me plaît, c´est comme ça, faut pas me briser les noix
Quand j´ai ma p´tite idée, c´est pas de la purée de poix

Depuis que je suis sur la terre, on m´dit toujours pas c´que j´fais là
Et je vais pas percer le mystère, ma foi
Alors je bois des coups et me nique le foie

Refrain
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Deux autres hommes fantastiques nous ont quittés

Posté le 27 Janvier 2015
Tags : Disparition, Humanité, Demis Roussos, Jean Pierre Beltoise



Bien sûr, Demis Roussos né, comme mon grand père maternel en Egypte et qui vient de s'éteindre à Athènes. Avec son look de fauve inoubliable, et les mélodies que nous avons écoutées en boucle, quand je t'aime ou rain and tears.

Mais aussi Jean Pierre Beltoise, un trompe-la-mort, un des héros de mon adolescence, disparu à Dakar, un 5 janvier, comme une autre personne qui m'était si chère.
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Destins brisés

Posté le 10 Mars 2015
Tags : Marcel Cerdan, Daniel Balavoine, Florence Arthaud, Camille Muffat, Alexis Vastine, disparition



Ils ont connu le destin de l'étincelle et leur fulgurance nous a illuminés.

En ce jour triste, je repense à mon amie Zaza : Élisabeth de Chateauvieux, avec qui nous avions réalisé, au dessus de l'Atlantique, l'évacuation mémorable de quatre grands brûlés depuis Cayenne en 1990 - une mission qui préfigurait la réanimation volante dans laquelle les blessés graves de l'armée française sont aujourd'hui rapatriés - et dont le lumineux sourire disparut peu après dans une autre tragique catastrophe aérienne.
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L'assassin est parti retrouver le juge

Posté le 04 Janvier 2016
Tags : Galabru, disparition, cinéma, 1976, Noiret



Galabru et Noiret en 1976, complices dans ce sommet du cinéma
que fut "le Juge et l'Assassin"
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Adieu au prince des transformistes

Posté le 11 Janvier 2016
Tags : Disparition, David Bowie



Le profil fantomatique et racé de David Bowie en 1983, dans Les prédateurs de Tony Scott, qui met en scène de façon aussi féérique que terrifiante Catherine Deneuve et Suzanne Sarandon
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Michel Tournier repose quelque part dans les limbes
(du Pacifique)

Posté le 19 Janvier 2016
Tags : Michel Tournier, Littérature, Robinson, disparition, Goncourt



Ah, Vendredi ou les limbes du Pacifique...

Si vous ne l'avez lu, ou n'en connaissez que la version édulcorée (qui n'en n'est pas moins remarquable) de Vendredi ou la vie sauvage, il est malheureusement plus que temps de vous y mettre.

La vie passe si vite, et 2016 commence avec une hécatombe de personnes remarquables. (Tournier est mort, Galabru est mort, moi même je ne me sens pas très bien).

C'est ainsi. Il faut qu'un humain disparaisse pour que ses congénères commencent à apprécier ce qu'il leur a légué. C'est dans ces circonstances que j'ai découvert Hubert Selby Jr. (Le démon), mais encore très récemment, Amir Gutfreund (Les gens indispensables ne meurent jamais) et Fatema Mernissi (Islam et démocratie).

Vite, courez embarquer sur l’Érasme alors que Robinson et le capitaine, dans une tempête déchainée, évoquent les tarots (également au cœur d'un roman d'Italo Calvino : le château des destins croisés) et plongez dans un roman initiatique ou l'ésotérisme le dispute à la psychanalyse. En ces temps troublés, un bon livre de chevet.
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Décidément cette journée est particulière

Posté le 20 Janvier 2016
Tags : Ettore Scola, cinéma, disparition, Mastroiani, Sophia Loren, fascisme



Pas un jour sans qu'un grand ne disparaisse...

Pour ma part, c'est "une journée particulière" qui reste mon film culte d'Ettore Scola. Sophia Loren et Marcello Mastroianni m'y enchantent, sur fond terrible de fascisme ordinaire. Ce film "parfait" a quelque chose d'Hiroshima mon amour et cette ambiance ineffable du cinéma italien qui mêle ironie, gravité et tendresse.

En réalité, lorsque je pense au cinéma italien, j'ai une préférence secrète pour un film moins connu d'Ettore : drame de la jalousie, avec le beau Marcello et la non moins sublime Monica Vitti.
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Pour partager

Posté le 26 Avril 2016
Tags : Disparition, Martin Gray, Treblinka



Il y a 40 ans, à La Rochelle, où je vivais à l'époque,
Martin gray m'avait dédicacé son livre "Au nom de tous les miens".
Il avait écrit simplement : "à Georges, pour partager".

Sa disparition à l'âge de 93 ans me touche profondément.
De lui, j'ai retenu cette phrase de son père :
"la première chance, Martin, ne laisse jamais passer la première chance",
qui avait fait de lui un des très rares survivants de Treblinka,
et la nécessité, comme Léon ou le petit prince,
de toujours prendre le temps de s'occuper d'une plante ou d'une fleur...
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Un des plus grands poètes du XXe siècle nous a quitté

Posté le 11 Novembre 2016
Tags : Léonard Cohen, musique, poésie, poète, Etranger, Canada, Disparition



"Stranger Song"

It's true that all the men you knew were dealers
who said they were through with dealing
Every time you gave them shelter
I know that kind of man
It's hard to hold the hand of anyone
who is reaching for the sky just to surrender,
who is reaching for the sky just to surrender.
And then sweeping up the jokers that he left behind
you find he did not leave you very much
not even laughter
Like any dealer he was watching for the card
that is so high and wild
he'll never need to deal another
He was just some Joseph looking for a manger
He was just some Joseph looking for a manger

And then leaning on your window sill
he'll say one day you caused his will
to weaken with your love and warmth and shelter
And then taking from his wallet
an old schedule of trains, he'll say
I told you when I came I was a stranger
I told you when I came I was a stranger.

But now another stranger seems
to want you to ignore his dreams
as though they were the burden of some other
O you've seen that man before
his golden arm dispatching cards
but now it's rusted from the elbows to the finger
And he wants to trade the game he plays for shelter
Yes he wants to trade the game he knows for shelter.

Ah you hate to see another tired man
lay down his hand
like he was giving up the holy game of poker
And while he talks his dreams to sleep
you notice there's a highway
that is curling up like smoke above his shoulder.
It is curling just like smoke above his shoulder.

You tell him to come in sit down
but something makes you turn around
The door is open you can't close your shelter
You try the handle of the road
It opens do not be afraid
It's you my love, you who are the stranger
It's you my love, you who are the stranger.

Well, I've been waiting, I was sure
we'd meet between the trains we're waiting for
I think it's time to board another
Please understand, I never had a secret chart
to get me to the heart of this
or any other matter
When he talks like this
you don't know what he's after
When he speaks like this,
you don't know what he's after.

Let's meet tomorrow if you choose
upon the shore, beneath the bridge
that they are building on some endless river
Then he leaves the platform
for the sleeping car that's warm
You realize, he's only advertising one more shelter
And it comes to you, he never was a stranger
And you say ok the bridge or someplace later.

And then sweeping up the jokers that he left behind ...
And leaning on your window sill ...

I told you when I came I was a stranger.



Tous les hommes que tu as connus
Te disaient qu'ils ne voulaient plus
Donner les cartes pris comme dans un piège
C'est dur de retenir la main
D'un homme qui cherche plus loin
Qui veut atteindre le ciel pour se livrer
Et qui veut atteindre le ciel pour se livrer

Puis ramassant les cartes
Qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre

Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger

Maintenant un autre étranger
Semble vouloir que tu ignores ses rêves
Comme s'ils étaient le fardeau d'quelqu'un d'autre
Tu as vu cet homme déjà
Donner les cartes avec son bras en or
Mais maintenant tu vois sa main est figée
Oui maintenant tu vois sa main est figée

Mais tu n'aimes pas regarder
Un autre homme fatigué
Déposer toutes ses cartes comme une défaite
Tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil
Dans l'ombre tu vois comme une fumée
Une route qui monte derrière sa tête
Une route qui monte derrière sa tête

Tu lui dis d'entrer et de s'asseoir
Et en te retournant tu vois
Que la porte de ta chambre reste ouverte
Et quand tu prends sa main, il dit
N'aie pas peur ma tendre amie
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger

J'ai attendu toujours certain
De te revoir entre les trains
Bientôt il va falloir en prendre un autre
Oh je n'ai jamais eu tu sais
Pas le moindre plan secret
Ni personne pour me conduire
Et tu te demandes ce qu'il cherche à dire
Oui tu te demandes ce qu'il veut dire

En bas au bord du fleuve demain
Je t'attendrai si tu veux bien
Là tout près du pont qu'ils construisent
Puis quitte le quai pour un wagon-lit
Tu sais qu'il cherche un autre abri
Qu'il n'avait jamais été un étranger
Qu'il n'avait jamais été un étranger

Et tu dis d'accord, le pont ou bien ailleurs, je viendrai

Puis ramassant les cartes
qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre

Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger...
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