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Cent ans de solitude

Posté le 14 Avril 2014
Tags : Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez, Amérique du Sud, littérature, José Arcadio Buendia, Aureliano



Voilà, c'est décidé : je relis cent ans de solitude.

C'est la quatrième fois. La première, j'avais 18 ans, et c'est un ami espagnol qui me l'avait passé : "tiens, lis ça, ça va te plaire". Alors débuta une longue histoire d'amour avec le monde pittoresque, foisonnant et onirique de Gabriel Garcia Marquez, son vocabulaire hypnotique, ses phrases interminables, ses personnages mythiques comme la jeune fille changée en araignée parce qu'elle avait désobéi à ses parents, ou Esteban, le noyé le plus beau du monde ou encore, le général dans son labyrinthe.

Mais de tous ses romans, imbriqués les uns dans les autres comme des poupées russes, de "la terrible et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand mère diabolique" à "chronique d'une mort annoncée" en passant par "l'amour au temps du choléra" ou "l'automne du patriarche", c'est à "cent ans de solitude" que je reviendrai longtemps encore.

Et cette fois, je le fais : j'ai à côté de moi une feuille et un crayon, et je commence la généalogie tortueuse et désespérante des deux lignées issues de José Arcadio Buendia et Ursula Iguaran, celles des José Arcadio primitifs, gigantesques et tonitruants (GGM nous dit de José Arcadio que "ses vents faisaient se faner les fleurs") et des Aureliano, solitaires, introvertis, atrabiliaires et nostalgiques... Des filiations si complexes et tournoyantes, autour de la figure centrale, mythique elle aussi, de Pilar Ternera, dont les phéromones affolèrent suffisamment chacun des deux frères pour qu'ils engendrent successivement l'un et l'autre avec elle, dans la chaleur moite et ensorcelante de Macondo, que j'avais jusqu'à présent, au cours des années, toujours renoncé à bâtir cet indispensable viatique auquel, je l'espère, mon abnégation vous donnera bientôt un accès aussi rare que bénévole.
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Prémonitions

Posté le 09 Novembre 2016
Tags : Démocratie, argent, choix, société, politique, USA, Amérique, Donald



J’ai rêvé cette nuit que Trump l’emportait.

Le cauchemar était prémonitoire

Quelle leçon pour les démocrates sûrs de leur fait, salis d’avoir évincé Bernie Sanders… Quelle leçon pour Hillary, démocrate qui pointe à 10 millions de dollars par an. Quelle leçon pour les pronostiqueurs et autres commentateurs experts de l'actualité et de la politique. Quelle leçon pour nous tous (je devrais écrire « ceux d’entre nous »), qui n’avons pas cru à la possibilité du Brexit, et qui ne croyons toujours pas possible le passage de l’extrême droite aux élections prochaines. Extrême droite "parricide" (quand les républicains se réclament encore de De Gaulle) qui, elle, a bien saisi : première à féliciter Trump, avant même que sa victoire ne soit certaine.

Quel monde, quelle « grande » et étrange démocratie, qui choisit massivement l’exclusion, le repli sur soi, l’accroissement des inégalités, le détricotage de l’Obama Care… Et l’une des menaces qui pointe, plus que le doigt de « Donald » sur le bouton de l’orage nucléaire, c’est qu’il devient le président du plus grand pays producteur de pétrole.

Quel monde, à feu et à sang, qui tranche les membres et crucifie au nom de Dieu dans un Moyen-Orient déstabilisé par l’impérialisme; monde corrompu par le dieu argent, qui brûle vivant les Orangs-outangs pour nous faire ingurgiter à notre insu cette saloperie d’huile de palme, qui pratique le viol collectif comme arme de guerre au Congo, qui torture et mutile pour assure la suprématie d’un gouvernement sur les mines de Coltan, si nécessaire aux smartphones dont il faut persuader les occidentaux aisés de posséder le dernier modèle, l’appareil photo le plus perfectionné, le 4x4 le plus imposant. Qui répand ses poisons dans la nature, détruit l’océan, meurtrit les animaux…

Voilà le choix des grands pays démocratiques.

Ah... nous allons regretter Michèle et Barack.
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