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Les malicieux délires de Mendoza

Posté le 19 Janvier 2014
Tags : Mendoza, litterature, Jésus



Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus

Le talentueux auteur de "la ville des prodiges", exubérante chronique d'une Barcelone fabuleuse, a encore frappé. Aux carrefours des Monty Pythons lorsqu'ils mettent à sac la légende du roi Arthur et récidivent avec "La vie de Brian" ou de Cavanna dans ses "écritures", avec un ton que Woody Allen ne désavouerait indubitablement pas, Eduardo Mendoza revisite la "genèse du nouveau testament".

Le pitch de ce polar irrespectueux démarre à Nazareth : le charpentier, Joseph, est accusé du meurtre crapuleux d'un de ses clients, richissime, avec lequel il semble avoir entretenu d'obscurs engagements. Obstacle à sa crucifixion : c'est lui qui fabrique les croix...

Jésus son jeune, mais ô combien perspicace rejeton, charge Pomponius Flatus, un antihéros comme les chérit Mendoza, qui promène ses flatulences d'un bout à l'autre de ce qui deviendra grâce à lui peut être la chrétienté, de tirer son père adoptif de ce "mauvais pas".

S'en suit une intrigue délirante dans laquelle seront peu à peu dévoilées les origines de la vocation de Jésus, jusqu'à sa romantique (Rome antique ?) rencontre avec la future Marie Madeleine.

A lire d'urgence ou à jeter dans la géhenne !
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Une lumière de plus brille au firmament

Posté le 06 Décembre 2013
Tags : Mandela, Etty Hillesum, Gandy, Martin Luther King, liberté, courage



Madiba s'est éteint, paisiblement, hier.

La lumière que son existence à allumée ne s’éteint pas : elle rejoint très haut, au firmament, celle de Gandhi, de Martin Luther King et d'Etty Hillesum, ces êtres illuminés de l'intérieur, qui n'ont pas accepté de fléchir devant l'injustice et qui l'ont payé de leur liberté ou de leur vie.

Enfermés dans des camps ou derrière les barreaux d'une prison, dépouillés de leurs droits, intimidés, menacés de mort, ils sont de ceux qui n'ont pas abdiqué leur dignité et n'ont pas choisi de répondre à la haine par la haine.

Prisonniers, opprimés, tenus éloignés des leurs, ils n'ont jamais cessés d'être libres, et cette liberté qu'ils ont clamée, et surtout, personnifiée, c'est à l'humanité entière qu'ils l'ont offerte.
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Un grand Polanski

Posté le 03 Décembre 2013
Tags : Cinéma, Polanski, Kobo Abe,



La vénus à la fourrure

Après "Carnage" où deux couples bourgeois se déchirent à pleines dents, nous nous sommes régalés de ce nouvel huis-clos. Deux personnages, un homme et une femme, un décor de théâtre.
Roman Polanski nous embarque dans un équivalent occidental de la femme des sables. La femme grande dévoratrice, fausse ingénue qui vient jouer à l'ange exterminateur de l'homme livré dans sa pensée machiste et son désir. Comme le héros de Kobo Abe finit par se laisser avaler par le sable, fourmi livré au fourmilion, Mathieu Amalric - dont certains angles de la camera font un vrai clone de Polanski - sera châtié par une Emmanuelle Seigner transformée en furie de tragédie grecque.

On est troublé par une mise en abîme, dans la scène transformiste, avec "le locataire" et on ne peut s'empêcher de percevoir la dimension inconsciente (d'un Polanski rattrapé par son passé)sous-tendue par la symbolique de l'homme piégé par une femme...
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Dans quel état j'ère ?

Posté le 22 Novembre 2013
Tags : Paris, métro, politique, angélisme, duplicité, NKM



Non mais vraiment, sur quelle planète vivent - ils ? Mars ? Elysium ? Les plus macho d'entre nous seraient tentés de lui rétorquer "sois belle et tais toi". On ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer. Peut être ne sont - ils pas vraiment "méchants", seulement parfaitement incompétents. Quand on voit qui prétend nous diriger ou compter au nombre de nos édiles, ça fait quand même un peu froid dans le dos.
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Faut-il aller voir Snowpiercing ?

Posté le 15 Novembre 2013
Tags : Cinéma, politique, riches, pauvres, société, Marx, SF, BD



Il ne s'agit pas d'une nouvelle mutilation adolescente - et d'ailleurs, c'est snowpiercer - mais de l'adaptation par Bong Joon-ho au grand écran de la BD post-apocalyptique "Le Transperceneige" (par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette), publiée entre le 1er octobre 1982 et le 1er juin 1983 dans le magazine À suivre.

Les moyens actuels de l'imagerie numérique rendent aussi ahurissantes que celles de "Gravity" les scènes de ce film de politique fiction qui est surtout intéressant par son allégorie cinématographique des théories de Marx.

Alors que la lutte des classes est symbolisée par l'inégalité de l'accès à la longévité dans "Time out", à une culture interdite au vulgaire dans "Equilibrium", ou à la santé dans "Elysium", le scénario de Snowpiercer compartimente les castes dans un immense train-univers au sein duquel survit le reste d'une humanité exterminée par une catastrophe écologique.

Le contraste entre les êtres qui survivent en queue de train (mais on retrouve la stratification sociale matérialisée par les ponts en mille-feuille de "Titanic") et l'univers absurde et cynique des privilégiés de l'avant donne lieu à des scènes d'anthologie complètement décalées qui, à elles seules, valent le détour.

Qu'on plébiscite ou qu'on exècre le genre, on peut envisager l'ensemble de ces œuvres de SF comme un tout, une critique jamais vraiment hors-sujet des inégalités sociales inhérentes à l'homme, pas vraiment différentes au temps des oligarques de celui des pharaons, même si une récente étude dément l'échec social du gouvernement de gauche que la France versatile et râleuse a malgré tout amenée au pouvoir.
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Le sermon sur la chute de Rome

Posté le 01 Octobre 2013
Tags : Jérôme Ferrari, Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de Solitude, Laurent Gaudé, littérature, lire, prix Goncourt, Sisyphe



Lisez Le sermon sur la chute de Rome, qui méritait bien davantage le Goncourt (2012) que La carte et le territoire (Houellebecq, prix 2010).

Jérôme Ferrari possède une écriture somptueuse, narrative, à mi chemin peut-être entre Gabriel Garcia Marquez, dont j'ai dévoré pratiquement tous les livres après qu'un ami espagnol ait fourré entre mes mains Cent ans de solitude, il y a plus de trente ans, et Laurent Gaudé (Goncourt 2004), dont j'ai déjà vanté dans ce blog la si belle écriture.

Dans le sermon sur la chute de Rome, on mâche la prose, comme un vieux Sauternes, empli à la fois de lumière et d'ombre, comme l'adret et l'ubac d'une rue de ces villes du Sud, sans cesse entre les pérégrinations de José Arcadio Buendia et le soleil des Scorta.

Le livre parle de l'absence, celle d'un homme qui sa vie durant contemplera la photo, prise bien avant sa naissance, de sa famille disparue, celle de l'amour qui va et qui vient, comme un papillon qui butine, sans jamais se fixer sur une fleur ou une autre, d'un monde meilleur, qui sombre, malgré toute la bonne volonté du monde, à peine apparu, de ce monde, qu'il faut sans cesse et sans lassitude, reconstruire et tenter de transmettre.
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