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Un des plus grands poètes du XXe siècle nous a quitté

Posté le 11 Novembre 2016
Tags : Léonard Cohen, musique, poésie, poète, Etranger, Canada, Disparition



"Stranger Song"

It's true that all the men you knew were dealers
who said they were through with dealing
Every time you gave them shelter
I know that kind of man
It's hard to hold the hand of anyone
who is reaching for the sky just to surrender,
who is reaching for the sky just to surrender.
And then sweeping up the jokers that he left behind
you find he did not leave you very much
not even laughter
Like any dealer he was watching for the card
that is so high and wild
he'll never need to deal another
He was just some Joseph looking for a manger
He was just some Joseph looking for a manger

And then leaning on your window sill
he'll say one day you caused his will
to weaken with your love and warmth and shelter
And then taking from his wallet
an old schedule of trains, he'll say
I told you when I came I was a stranger
I told you when I came I was a stranger.

But now another stranger seems
to want you to ignore his dreams
as though they were the burden of some other
O you've seen that man before
his golden arm dispatching cards
but now it's rusted from the elbows to the finger
And he wants to trade the game he plays for shelter
Yes he wants to trade the game he knows for shelter.

Ah you hate to see another tired man
lay down his hand
like he was giving up the holy game of poker
And while he talks his dreams to sleep
you notice there's a highway
that is curling up like smoke above his shoulder.
It is curling just like smoke above his shoulder.

You tell him to come in sit down
but something makes you turn around
The door is open you can't close your shelter
You try the handle of the road
It opens do not be afraid
It's you my love, you who are the stranger
It's you my love, you who are the stranger.

Well, I've been waiting, I was sure
we'd meet between the trains we're waiting for
I think it's time to board another
Please understand, I never had a secret chart
to get me to the heart of this
or any other matter
When he talks like this
you don't know what he's after
When he speaks like this,
you don't know what he's after.

Let's meet tomorrow if you choose
upon the shore, beneath the bridge
that they are building on some endless river
Then he leaves the platform
for the sleeping car that's warm
You realize, he's only advertising one more shelter
And it comes to you, he never was a stranger
And you say ok the bridge or someplace later.

And then sweeping up the jokers that he left behind ...
And leaning on your window sill ...

I told you when I came I was a stranger.



Tous les hommes que tu as connus
Te disaient qu'ils ne voulaient plus
Donner les cartes pris comme dans un piège
C'est dur de retenir la main
D'un homme qui cherche plus loin
Qui veut atteindre le ciel pour se livrer
Et qui veut atteindre le ciel pour se livrer

Puis ramassant les cartes
Qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre

Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger

Maintenant un autre étranger
Semble vouloir que tu ignores ses rêves
Comme s'ils étaient le fardeau d'quelqu'un d'autre
Tu as vu cet homme déjà
Donner les cartes avec son bras en or
Mais maintenant tu vois sa main est figée
Oui maintenant tu vois sa main est figée

Mais tu n'aimes pas regarder
Un autre homme fatigué
Déposer toutes ses cartes comme une défaite
Tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil
Dans l'ombre tu vois comme une fumée
Une route qui monte derrière sa tête
Une route qui monte derrière sa tête

Tu lui dis d'entrer et de s'asseoir
Et en te retournant tu vois
Que la porte de ta chambre reste ouverte
Et quand tu prends sa main, il dit
N'aie pas peur ma tendre amie
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger

J'ai attendu toujours certain
De te revoir entre les trains
Bientôt il va falloir en prendre un autre
Oh je n'ai jamais eu tu sais
Pas le moindre plan secret
Ni personne pour me conduire
Et tu te demandes ce qu'il cherche à dire
Oui tu te demandes ce qu'il veut dire

En bas au bord du fleuve demain
Je t'attendrai si tu veux bien
Là tout près du pont qu'ils construisent
Puis quitte le quai pour un wagon-lit
Tu sais qu'il cherche un autre abri
Qu'il n'avait jamais été un étranger
Qu'il n'avait jamais été un étranger

Et tu dis d'accord, le pont ou bien ailleurs, je viendrai

Puis ramassant les cartes
qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre

Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger...
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Prémonitions

Posté le 09 Novembre 2016
Tags : Démocratie, argent, choix, société, politique, USA, Amérique, Donald



J’ai rêvé cette nuit que Trump l’emportait.

Le cauchemar était prémonitoire

Quelle leçon pour les démocrates sûrs de leur fait, salis d’avoir évincé Bernie Sanders… Quelle leçon pour Hillary, démocrate qui pointe à 10 millions de dollars par an. Quelle leçon pour les pronostiqueurs et autres commentateurs experts de l'actualité et de la politique. Quelle leçon pour nous tous (je devrais écrire « ceux d’entre nous »), qui n’avons pas cru à la possibilité du Brexit, et qui ne croyons toujours pas possible le passage de l’extrême droite aux élections prochaines. Extrême droite "parricide" (quand les républicains se réclament encore de De Gaulle) qui, elle, a bien saisi : première à féliciter Trump, avant même que sa victoire ne soit certaine.

Quel monde, quelle « grande » et étrange démocratie, qui choisit massivement l’exclusion, le repli sur soi, l’accroissement des inégalités, le détricotage de l’Obama Care… Et l’une des menaces qui pointe, plus que le doigt de « Donald » sur le bouton de l’orage nucléaire, c’est qu’il devient le président du plus grand pays producteur de pétrole.

Quel monde, à feu et à sang, qui tranche les membres et crucifie au nom de Dieu dans un Moyen-Orient déstabilisé par l’impérialisme; monde corrompu par le dieu argent, qui brûle vivant les Orangs-outangs pour nous faire ingurgiter à notre insu cette saloperie d’huile de palme, qui pratique le viol collectif comme arme de guerre au Congo, qui torture et mutile pour assure la suprématie d’un gouvernement sur les mines de Coltan, si nécessaire aux smartphones dont il faut persuader les occidentaux aisés de posséder le dernier modèle, l’appareil photo le plus perfectionné, le 4x4 le plus imposant. Qui répand ses poisons dans la nature, détruit l’océan, meurtrit les animaux…

Voilà le choix des grands pays démocratiques.

Ah... nous allons regretter Michèle et Barack.
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Pénélope

Posté le 04 Novembre 2016
Tags : Politique, primaires, droite, Pénélope, septennat



Guère moins ennuyeux, hier, que le premier débat de la primaire à droite. On aurait aimé les voir s'écharper mais c'est resté dans le fond à fleurets mouchetés.

Dans l'ensemble j'ai trouvé qu'on n'apprenait pas grand chose et qu'ils se distinguent par des nuances des plus subtiles. NKM prétend vouloir bousculer les institutions, mais ne propose pas grand chose de concret. L'autodérision de Copé l'a fait remonter dans mon estime. C'est le plus drôle. Qu'est-ce que Fillon est triste en revanche. L'optimisme ne lui colle pas à la peau. Il faut le flanquer sous antidépresseurs. L'empereur Juppé n'a pas crevé l'écran. Il va bientôt ressembler à la statue du commandeur. On attend toujours que Lemaire se les sorte (les tripes). Je pense que lui doit être sous neuroleptiques. Poisson droit dans ses bottes ne bénéficie plus de l'effet de surprise. Son avertissement sur la Syrie ne manque pourtant pas de clairvoyance. Quand à Sarko, son joker Bayrou a fait un gros flop. Il a dégainé son seul atout : avoir occupé la fonction, mais traine un bilan qu'il faut assumer.

Ils sont d'accord sur un point : casser du bois sur le dos de Hollande. C'est tellement facile : il ne peut pas répondre. On en reparle dans 5 ans. Une seule idée sensée : revenir à un septennat unique. En France on ne fait que de la politique politicienne et un camp détricote le travail de l'autre à chaque alternance. Plus je pédale moins vite, moins j'avance plus vite.
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“Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges.” (Friedrich Nietzsche)

Posté le 27 Octobre 2016
Tags : Zweig, Erasme, Castellion, Réforme, Renaissance, Histoire, biographie, litterature, fanatisme



Stephan Zweig s’endormit aux côtés de sa femme Lotte le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil où il s’était réfugié en 1936. Consterné par le saccage de sa culture germanique et par le suicide de l’Europe, il avait préféré quitter ce monde par la grâce des barbituriques plutôt que d’assister impuissant au désastre.

Il rédigea Érasme en 1934 et Conscience contre violence en 1936.

Ces deux biographies prémonitoires du choix qu’il fera en 1942 sont, hélas, plus que jamais d’actualité. Elles dénoncent la tyrannie du fanatisme. Erasme parle autant du grand humaniste de Rotterdam, à l’équanimité duquel Zweig adhérait viscéralement, que de son antithèse, le sanguin et despotique Martin Luther. De même, Conscience contre violence narre le combat de Castellion contre le machiavélique Calvin.

Ces deux livres écrits pendant la montée du nazisme, disent le crime contre la liberté que représente le fanatisme, le silence des masses devant l’injustice et le sacrifice de ceux qui dénoncent l’insupportable, précurseurs des lanceurs d’alerte d’aujourd’hui. Ils sont une vraie méditation sur la nature de la vérité, le courage et la fidélité à soi même.

A lire de toute urgence...
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Primaire

Posté le 14 Octobre 2016
Tags : Poisson, politique, primaire, primaires, droite, riches, pauvres, fiscalité



Le grand gagnant, c'est poisson : personne ne le connaissait, il vient de faire son apparition pour 5 ou 6 millions de téléspectateurs. Lemaire faisait petit garçon, Sarko hypercrispé, Fillon peine à convaincre, Copé n'a pas fait grand chose mais donnait le sentiment de prendre sa revanche même si Sarko a essayé de lui clouer le bec. J'ai trouvé NKM fraiche et la seule à proposer quelque chose d'original même si elle aussi fait petite fille égarée dans la cour des coqs.

Finalement, Juppé a conservé son avance, sans prendre de grands risques, mais je me demande pourquoi la grande masse des français, avec un salaire médian de 2000 euros va voter pour lui (ou la droite dont le programme libéral n'est de toute façon pas très différent) quand il nous promet(tent) de diminuer les indemnités chômage, de passer aux 37 ou 39 heures et d'allonger la vie de travail jusqu'à 65 ans en faisant des cadeaux fiscaux aux riches. Sans compter la diminution du nombre de prof, de médecins et d'infirmières, etc... puisqu'ils veulent supprimer 500 000 fonctionnaires sans toucher aux forces de l'ordre.

Par ailleurs prétendre que les français travaillent moins que les autres et saccager notre modèle social m'agace toujours un peu.

Le problème, c'est que les pauvres votent à droite parce qu'ils ont peur d'être déclassés par ceux qui sont encore plus pauvres qu'eux et fantasment toujours sur une hypothétique ascension sociale.

Seulement, l'ascenseur est en panne, et les inégalités se creusent et se creuseront.
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AI

Posté le 03 Octobre 2016
Tags : Alan Turing, intelligence artificielle, homosexualité, anticipation, SF



L’émouvant film de Steven Spielberg (à côté de celle du jeune héros, enfant robot conçu pour aimer, l’interprétation stupéfiante de Jude Law en gigolo cybernétique) est repassé récemment à la télévision; les derniers grands rassemblements informatiques s’enthousiasment pour la réalité virtuelle, les voitures commencent à conduire toutes seules… Alors qu’il se réchauffe dangereusement, qu’éléphants, gorilles et baleines s’éteignent peu à peu, le monde est en train de basculer dans le numérique, le GPS et la WIFI ubiquitaires, l’impression 3D, les premières prothèses électroniques intelligentes.

Mais qui se souvient d’Alan Mathison Turing, Icare brisé par l’ostracisme d’une société d’après-guerre obsédée par la même chasse aux sorcières qui détruisit un autre homosexuel de génie, Oscar Wilde ? Il est d’ailleurs troublant que Turing, né avec le naufrage du Titanic (1912), ait croqué sa pomme empoisonnée au cyanure juste un siècle (1954) après la naissance de Wilde (1854).

David Lagercrantz, le journaliste qui a donné avec maestria un 4ème volet à la série de Stieg Larsson, prématurément disparu avant la publication du tome 3 de Millenium, a publié en 2009 un roman passionnant aux allures de thriller sur le suicide de Turing. Actes Sud vient de l’éditer en français et je vous le recommande.

Un peu à la façon de « l’amour au temps du choléra » de notre regretté Gabo, cette biographie romancée commence par une odeur d’amande amère, faisant de cette enquête imaginaire, une autre « Chronique d’une mort annoncée ».

On y redécouvre Le Turing de « Imitation Game », à la limite du syndrome d’Asperger, doublement contraint à la clandestinité par la condamnation infamante de son homosexualité et l’impossibilité de se réclamer de ce qui lui aurait valu la gloire s’il ne s’était agi de la seconde guerre mondiale : avoir brisé le code de la machine Enigma par laquelle les nazis transmettaient tous leurs messages secrets.

Turing jeta les bases de l’intelligence artificielle qui nous préoccupe tant aujourd’hui. En témoignent les autres films d’anticipation : « Her », « Automata », « Ex machina »… qui, plus subtilement que « Terminator », posent clairement le problème : si l’homme peut inventer une machine qui pense, où s’arrêtera-t-elle ?
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