A la une du blog

11 Novembre

Posté le 11 Novembre 2012
Tags : guerre, absurdité



Je pense à mes aïeux, comme ce trop jeune grand-oncle, le frère de ma grand mère maternelle, Madeleine Fons, tombé en 1915, et à ces millions de jeunes hommes fauchés dans ce maelström absurde. Bien avant que Lazare Ponticelli ne disparaisse, lui aussi, j'avais endormi l'un de ces héros malgré eux. Alors que je lui demandais s'il était anxieux la veille de son intervention, il m'avait répondu qu'il avait fait deux guerres, et que ce n'était pas moi qui allait lui faire peur. Il m'avait aussi raconté comment lui et ses camarades montaient à l'assaut, après la distribution de gnôle qu'il avait toujours refusée, et comment les balles fauchaient les hommes autour de lui, sans jamais l'avoir atteint...

Erich Maria-Remarque : A l'ouest, rien de nouveau

Henri Barbusse : Le feu

I hatt einen Kameraden


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Une journée maussade dans un petit bourg humide au fond de l’Irlande…

Posté le 10 Novembre 2012
Tags : crise, dette, Yuan



Il tombe une pluie désespérante et les rues sont vides. Les temps sont durs, tout le monde est endetté, tout le monde vit à crédit luxueuse BMW devant le seul hôtel de la ville et il entre. Il pose un billet de 100€ sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d’en choisir une pour la nuit. Le propriétaire de l’établissement lui donne les clés et lui dit de choisir celle qu’il veut.
Dès que le touriste monte l’escalier, l’hôtelier prend le billet de 100€, file chez le boucher voisin et règle sa dette envers lui.
Le boucher, qui doit de l’argent à un éleveur de porcs, se rend immédiatement chez lui et lui donne le billet de 100€.
L’éleveur à son tour règle ses dettes envers la coopérative agricole où il achète ses fournitures et le directeur de la coopérative court au pub, régler son compte au bar.
Le barman glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit depuis des semaines déjà et celle-ci, qui utilise l’hôtel pour travailler, court régler son compte chez l’hôtelier.
L’hôtelier pose le billet sur le comptoir là où le touriste l’avait posé auparavant.
Là-dessus le touriste descend l’escalier, annonce qu’il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s’en va…
Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais personne n’est plus endetté et le futur semble beaucoup plus prometteur…

Je viens de tomber sur ce mail que m'avait envoyé il y a pas mal de temps déjà mon copain Pascal, alors que j'ai fini hier soir de lire l'essai de François Lenglet. On peut regretter qu'il ne parle jamais de la sous évaluation du Yuan ni de la bulle immobilière française, mais il bat en brèche pas mal d'idées reçues sur L'Euro et le fédéralisme. Indispensable pour s'y retrouver un peu et tenter d’imaginer ce qui nous attend et ce qui attend le monde, alors qu'Obama reconnait qu'il va probablement falloir que les américains les plus riches mettent la main à la poche et que les cadeaux fiscaux de Sarkozy semblent de plus en plus avoir été bien mal venus.




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A ne pas louper

Posté le 08 Novembre 2012
Tags : cinema, SF, paradoxe temporel, Hooper



Bon, j'avoue, je ne me suis pas foulé, c'est une blague de fin de semaine.
J'aurais pu intituler ce post "il faut tuer le père".

L'image n'est pas extraite de l'exposition Edward Hopper (pour le coup, l'analogie est involontaire, c'est de la lumière dont je parle et c'est ce qui m'inspire chez ce peintre américain qui est l'un de mes préférés) mais de LOOPER que je vous recommande. Si vous aimez la SF, ne le manquez pas.

Avec de subtiles références à "Terminator" (l'héroïne s'appelle Sarah), à "l'armée des douze singes" (déjà Bruce Willis dans une boucle temporelle où il rencontre la femme qui hante ses rêves), à l' "associé du diable" et même à la dernière scène de "la fureur de vaincre" pour les aficionados de l'autre Bruce*, l'intrigue est méticuleusement ficelée et le montage ne laisse littéralement pas une minute de répit.
Le héros doit s'éliminer lui-même pour survivre : celui qui veut sauver sa vie la perdra (Mt 10,39; 16,25; Mc 8,35; Lc 9,24; 17,33). De fait, il doit exécuter son double expédié du futur mais, ce dernier restant inexplicablement rétif, ça ne va pas se passer tout à fait comme prévu.
La rédemption viendra s'interposer in extremis dans la spirale désespérée de l'ultra-violence.

*(Lee)
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Se méfier des apparences

Posté le 06 Novembre 2012
Tags : littérature, Japon, polar, Matsumoto



Baraque ou Mite ? Patrons ou employés ? TVA ou CSG ?
Pour se changer d'air, parlons littérature.

Comme je venais de dévorer l'épais premier tome de 1Q84 de Murakami (1984, je l’ai lu en… 1984), et que je n'avais pas le second sous la main (je procède de même à la pharmacie : jamais je n'achète sans savoir si je le supporterai les douze boites du même médicament que mon généraliste m'a prescrites sans mollir), comme enfin, dans ma volupté de lecture vespérale je tenais à rester dans une veine nippone, j’ai attaqué « Tokyo Express » de Seishô Matsumoto, qui prenait la poussière sur une de mes étagères (Tokyo express, pas Matsumoto).
Pour un accro de littérature japonaise (j’ai commencé il y a bien longtemps par « le tumulte des flots » de Mishima), comment ai-je pu passer à côté d’une perle pareille ? Comme dirait mon confrère et néanmoins ami Dominique, « vieux motard que jamais » (tu m’en veux pas, Domi ?).
Tokyo express n’est pas ici le nom de code donné par les alliés au transport maritime nocturne des navires de la marine impériale entre les iles Salomon et la Nouvelle-Guinée durant la guerre du Pacifique. Le roman narre les tribulations de l’inspecteur Mihara entre le sud et le nord du pays du soleil levant. Matsumoto nous emberlificote dans les fausses pistes du plan machiavélique qu’un homme d’affaire véreux et des politiciens corrompus imaginent pour maquiller un meurtre horrible qui doit couvrir leurs arrières. Au fil du livre, on découvre la beauté de la côte japonaise et la tortuosité de l’esprit humain (à moins que ce ne soit l’inverse), dans un style étonnamment moderne si l’on songe que le roman qui allait faire la gloire de son auteur fut écrit en 1958. Mihara, un genre de Colombo avant l’heure, a la chance d’être soutenu (et même couvert) par son chef et de bénéficier de l’intuition d’un vieux renard sur le retour. Leurs échanges épistolaires sont savoureux. Enfin, derrière la séduction, le tenace Mihara finira par démasquer la beauté du diable, mais j’ai bien peur que tout ça ne nous ramène inéluctablement à la politique.

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Heureusement, entre-temps, j'ai acheté le deuxième tome de 1Q84. A une prochaine fois peut-être ?
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Il faut sauver les patrons (...d'eux-mêmes ?)

Posté le 04 Novembre 2012
Tags : argent, pauvres, avoir, SMIC, patrons



Pas une semaine sans que les grands patrons (enfin, ceux qui ne s'installent pas en Belgique) ne tirent la sonnette d'alarme : ils sont au bord du gouffre.
Et effectivement, je pense qu'il faut faire quelque chose.
En 2009, déjà, les salaires des patrons des entreprises du CAC40 avaient baissé de 14% et ne représentaient plus en moyenne que 190 SMIC, mais désormais, les patrons du public eux mêmes vont devoir se serrer la ceinture : pas plus de 20 fois le salaire du bas de l'échelle. Où va-t-on ? Dans quel état j'ère ?
Comme dirait l'autre, l'argent ne fait pas le bonheur, mais comme disait ma grand mère, il y contribue.
Comme on dit surtout ces temps-ci sur les ondes : ce n'est pas en appauvrissant les riches qu'on enrichira les pauvres (vous me suivez ? C'est un peu comme : "plus je pédale moins vite, moins j'avance plus vite").
Enfin, finalement, comme disait Coluche, l'argent ne fait pas le bonheur... des pauvres.

En attendant, il faut faire quelque chose, et vite, avant qu'il ne soit trop tard.
Une bonne psychanalyse, peut être ?


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