Art

L'homme aux doigts

Posté le 03 Mai 2014
Tags : Homme aux doigts, Dominique Faucher, La jetée, L'armée des douze singes, Terry Gilliam, Stalker, Tarkovski

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Dominique Faucher, que j'ai eu la chance de rencontrer au Laos il y a de cela dix ans déjà, nous concocte une série au rythme syncopé, hypnotique, qui n'est pas sans rappeler le court métrage extraordinaire qui inspira a Terry Gilliam la non moins talentueuse armée des douze singes : La Jetée.

Son rythme narratif, ensorcelant, renvoie aussi à l'étrangeté du fameux Stalker d'Andrei Tarkovski. Un ton neutre, une série d'images, l’impression onirique d'un univers étrange, poétique et nostalgique, d'un souvenir insaisissable, qui échappe aux inlassables efforts déployés pour le retenir, une déambulation dans les méandres de l'absurdité kafkaïenne de la solitude des mégapoles.

L'homme aux doigts épisode 1

L'homme aux doigts épisode 2

L'homme aux doigts épisode 3

L'homme aux doigts épisode 4

L'homme aux doigts épisode 5

L'homme aux doigts épisode 6

L'homme aux doigts épisode 7

L'homme aux doigts épisode 8

L'homme aux doigts épisode 9

L'homme aux doigts épisode 10



Typo - graphie

Posté le 10 Mars 2014
Tags : Art, typographie, graphisme, graffiti, murs, Paris

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J'abhorre certes la pub dans ma boite aux lettres, mais contrairement aux opposants acharnés à la pub sur les murs ou aux graffitis (de génie), la contemplation des murs parisiens ou autres est souvent pour moi un régal. Ces derniers jours, j'ai flashé sur trois affiches talentueuses mêlant typo ou graphisme et message subliminal. Étonnant, non ?

Le musée en herbe expose Hundertwasser

Posté le 03 Décembre 2013
Tags : Hundertwasser, art, peinture, nature, couleur, spirale, écologie, Paris

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Autrichien, de son vrai nom Friedrich Stowasser, ce grand voyageur né à Vienne le 15 décembre 1928 et mort le 19 février 2000 à bord du Queen Elizabeth 2, fut peintre, architecte, humaniste. S'étant rebaptisé « le royaume de la paix aux cent eaux », amoureux des arbres, de la nature et de la pluie, il repensa le monde en écologiste avant l'heure. Artiste unique, chantre de l'asymétrie, de la spirale et de la ligne courbe, maitre des formes et des couleurs, il invente des concepts comme celui des peaux successives de l'être humain, des arbres locataires, des murs végétalisés, de la médecine de l'architecture.

L'exposition, à hauteur d'enfant, du musée en herbe montre des peintures (il ne s'agit pas à proprement parler de "toiles"), des timbres, des affiches, des maquettes de ses réalisations architecturales à Vienne, et de splendides gravures dont certaines furent réalisées à Kyoto selon les techniques de la gravure japonaise sur bois. On y découvre qu'il aimait peindre à plat, parfois nu, qu'il fabriquait des pigments et utilisait des toilettes écologiques.

« Le véritable analphabétisme n'est pas dans l'incapacité de lire et d'écrire, mais dans l'inaptitude à créer. »

Plus vrai que vrai ou Faux-Semblants ?

Posté le 21 Septembre 2013
Tags : Ron Mueck, sculpture, Paris, psychanalyse, Dali, Faux semblants

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Plus aucune excuse pour rater l'expo Ron Mueck à la Fondation Cartier : elle est prolongée
jusqu'au 27 octobre ! Prévoyez un billet coupe - file, la queue s'étirait sur 100 mètres aujourd'hui.

De loin, tout à l'air calme et serein : le jeune couple qui se tient côte à côte, le vieux couple qui lézarde sous un parasol, l'ado afro-américain qui soulève sont tee-shirt, l'homme bronzé qui dérive sous le soleil exactement, montre de luxe au poignet, étendu sur un matelas pneumatique, jusqu'au poulet accroché qui attend lui aussi de rôtir.

Comme souvent, à y regarder de plus près (mais pas trop quand même : les œuvres du maitre, qu'on n'est d'ailleurs pas sensé pouvoir photographier - alors que la toile déborde de photos de face, de profil, de gros plans, quand on tape "Ron Mueck" sur google - sont entourées d'un périmètre de sécurité, tout à fait symbolique, ne serait-ce les cerbères qui gardent cette succursale de l'Hadès.

à y regarder de plus près, donc, un imperceptible (et progressif) glissement s'opère, un indicible malaise s'installe, une émotion presque malsaine vous envahit.

La façon dont le couple se tient par le bras, lorsqu'on l'observe de dos, n'est pas vraiment apaisante, le couple sur la plage est démesurément avachi, la carnation livide, couperosée, parcourue d'un lacis veineux, de rides et de plis évoque irrésistiblement la vraie vie, celle, loin des standards hollywoodiens ou des magazines de charme, qui est vouée à se faner et à se corrompre.

On s'aperçoit alors que le matelas pneumatique dressé fait de l'homme étendu un crucifié, que précisément l'ado afro-américain dévoile la plaie du flanc droit infligée par la lance sur le Golgotha, et que les pattes du poulet, immense, qui nous surplombe, évoquent les mains d'un supplicié.

Un film de 52 minutes montre l'artiste dans son atelier, non sans quelques clins d'œil, comme un membre qui sort d'une poubelle ou le ratage d'un œil qui se transforme en œuf à la coque.

On l'a compris, ces fantastiques sculptures hyperréalistes qui jouent sur les plus fins détails et sur les anomalies d'échelle (géantes ou réduites), interpellent bien davantage encore qu'elles n'impressionnent. La psychanalyse rode.

En sortant, pour vous détendre, mais rester dans une éclectique ambiance artistique, allez déguster les produits du terroir et le Beaumes de Venise de "la mère agitée" (l'antidote du "père tranquille"), c'est juste à côté, un endroit que n'aurait pas désavoué Théodore Sturgeon.




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